Carole Bouquet à Pantelleria

Paris Match Suisse |

 

Un choc de beauté! «Violente et voluptueuse, austère et généreuse». Cette île, c’est Pantelleria et ce sont les mots choisis par Carole Bouquet pour la définir. Elle en est tombée amoureuse, comme si toutes deux s’étaient reconnues. Parfum de jasmin, de fleurs d’oranger, des senteurs précieuses qui ensorcellent mais aussi cette pierre volcanique, pleine de force et de dureté qui s’agrippe à vous. C’est le jour des vendanges et Carole Bouquet est en effervescence. Tout son être palpite au rythme de ce moment unique. Elle aurait dû être au Festival de Deauville mais la comédienne tient à vivre ces instants d’exception avec son équipe. Une capeline en paille sur la tête dans sa robe imprimée rouge, Carole immortalise ses vendanges.

 

Comment a commencé l’aventure sur cette île qui vous fascine?

Une histoire étrange. J’ai acheté une petite maison sur cette île parce que j’aime passionnément la Méditerranée et pour dire que j’étais Italienne (Rires). Autour de cette habitation, il y avait 25 hectares de vignes, d’oliviers et de câpriers. Des terres abandonnées.

Votre vin le Sangue d’Oro, une histoire d’amour…

Je n’avais pas l’intention de faire du vin! Dans un premier temps, j’ai imaginé vendre le raisin, un magnifique raisin d’Alexandrie! Un travail héroïque que seule cette terre pouvait accomplir. Puis un jour, une évidence: «Je vais faire du vin!» Et là, j’ai mené un combat de conviction sans répit. J’ai consulté l’œnologue de la place: «Tu ne vas pas faire ça!» m’a-t-il lancé. C’était mal me connaître! Et comme il faut toujours un peu de chance, nous avons découvert, sur les terres, un chai à l’abandon. Nul besoin d’engager la procédure d’autorisation et, en un an à peine, tout était construit. Il restait à convaincre le vigneron; lui seul connaissait cette terre particulière «aucun jeune ne veut travailler la terre aujourd’hui!»  Au final, ce sera Michaël, 28 ans, un membre de sa famille qui a repris le flambeau!

Ce projet magnifique ne cesse d’évoluer…

Il est vrai qu’au départ, je voulais juste marcher sur mes terres. Aujourd’hui, c’est 25 hectares dont 8 hectares de vignes. Certaines ont 120 ans et elles produisent encore et mieux que celles que j’ai plantées il y a 20 ans, toujours sur l’obsidienne. Depuis des siècles, la richesse de cette île provient de cette roche.

Vous n’avez pas choisi la facilité en produisant votre vin

La passion n’est pas liée à la facilité. Pour mon vin, tout est fait à la main. Impossible de faire autrement. Faire passer un tracteur est inimaginable! On sélectionne le raisin grain par grain, on le fait sécher au soleil par terre, sur du tuffeau, à côté de murs réfractaires très hauts qui vont monter la chaleur à 50 degrés. Tous les deux jours, il faut retourner le raisin grappe par grappe pour qu’il sèche bien de chaque côté. Le séchage dure un mois. C’est énorme.

Vous assistez aux vendanges. Quel est votre rôle?

J’encourage mon équipe et je prends des photos. Je ne me plie pas en quatre et ne porte pas de choses trop lourdes mais je sais que ma présence et ma bienveillance sont importantes pour eux. 

La Suisse est-elle un marché porteur?

La Suisse vient juste après la France. Mon vin est très apprécié et les grandes marques de magasins de la place m’ont ouvert les portes. Le Sangue d’Oro a du succès. Evidemment, comme mon vin est cher à produire, il se vend cher.

Vous aimez aussi produire des câpres et de l’huile d’olive?

J’ai des centaines d’oliviers plantés en terrasse. A l’époque, on assistait à un joyeux mélange de pied de vigne, de pied de câprier et de pied d’olivier. Beaucoup de ces pieds étaient à l’abandon. On a tout remis en état.

Les gens de l’île semblent apprécier votre travail…

Quatre personnes travaillent sur le domaine. Et j’ai la chance de pouvoir employer un vigneron: Nunzio Gorgone. La passion coule dans ses veines. Il est dans les vignes dès 5 heures du matin jusqu’au soir. Et par chance, la relève semble assurer.

Vous aimez votre vin passionnément, la passion une nature chez vous qui s’exprime aussi dans l’amour? 

Si on est passionné, on l’est dans tous les domaines! Et être passionnée en amour, ce n’est pas de tout repos. Heureusement, cela se calme un peu pour moi.

Vous entretenez aussi une belle relation avec la nourriture…

Se retrouver autour de la table pour vivre un instant de convivialité et de partage est un bonheur pour moi. C’est extrêmement important et si joyeux! Des instants de vie essentiels à mon équilibre.

Vous aimez cuisiner? 

Oui, même si le temps me manque. A la maison, j’ai toujours des pâtes, du riz, du parmesan, du bouillon de poulet en réserve pour improviser un dîner si des amis surgissent au dernier moment. Je ne suis pas Italienne mais à travers mon amour pour cette cuisine, je le deviens. J’ai toujours eu un faible pour le risotto et les pâtes. 

Parlez-nous de votre rencontre avec Philippe de Rothschild.

J’ai rencontré Philippe lors d’un dîner. Il s’est présenté comme Philippe Sereys, sans préciser de Rothschild. Nous avons parlé de vin, de théâtre… notre complicité a été immédiate. 

Votre amoureux, Philippe, aime aussi Pantelleria? 

Oui. J’arrive à transmettre ma passion pour cet endroit. Comment pourrais-je comprendre qu’on n’aime pas ce que j’aime follement?

Pourriez-vous être de nature jalouse? 

Pas du tout. Peut-être parce que je suis aveugle, trop prétentieuse ou trop gourde! (Rires) Cela ne m’a pas empêchée de souffrir. Mais la jalousie, ce n’est simplement pas dans ma nature.

Côté famille, vous êtes heureuse et épanouie. Etre grand-mère, cela vous comble? 

Complètement. Ma petite Daria a 8 ans et Baltazar est né une semaine avant Gaya, vous imaginez? Grâce à eux, je regarde le monde comme un petit enfant. Je m’émerveille avec eux de leurs découvertes. J’ai adoré cela avec mes enfants et je recommence avec mes petits-enfants. Sans compter que j’ai la chance d’avoir deux Charlotte dans ma vie. (Charlotte Tarbouriech, épouse de son fils Louis et Charlotte Casiraghi, épouse de son fils Dimitri).

La principauté de Monaco est entrée dans votre famille, comment définiriez-vous la relation? 

Je suis heureuse que mon fils soit heureux et sa belle-famille est extraordinaire!

Parlez-nous d’une de vos plus belles rencontres cinématographiques.  

Sans aucun doute ma rencontre avec Luis Buñuel! Et le tournage du film «Cet obscur objet du désir» m’a profondément marquée. J’étais terrorisée. Je me disais: «Ils vont se rendre compte que c’est une erreur.»

Qu’aimez-vous passionnément dans votre métier? 

Le fait de raconter des histoires aux gens! Les acteurs ont un credo: se servir de soi comme d’un instrument.

Vous arrive-t-il d’avoir le trac? 

C’est peut-être horrible mais je ne l’ai plus.

Côté métier, quels seraient vos plus grands regrets? 

Je n’ai aucun regret, j’ai pu travailler au rythme que je voulais car j’avais à cœur de pouvoir élever mes enfants. Je travaille beaucoup plus aujourd’hui, à 60 ans.

Quels sont vos ambitions, vos projets?

A l’époque, souvent, on ne me donnait pas des rôles intéressants car je n’avais pas l’âge! Même si parfois l’âge requis s’affichait sur ma carte d’identité. Aujourd’hui, je travaille beaucoup plus qu’à l’époque.

Vous toujours très belle, êtes-vous particulièrement attentive à votre physique?

J’ai été gâtée par la vie. Les gènes de ma mère, certainement. Heureusement car je n’aime pas m’occuper de moi. 

Acceptez-vous de vieillir? 

On n’a pas le choix. J’aimerais bien que le temps ralentisse mais je ne vais pas me battre comme Don Quichotte contre des moulins à vent. C’est une bataille perdue d’avance! Même si j’aime bien Don Quichotte.

Vous pourriez avoir recours à la chirurgie esthétique? 

Je n’ai jamais vu de résultat qui me plaise! Mais si par un coup de baguette magique, je pouvais revenir à mes 20 ans, pourquoi pas?

Vous aimez passionnément votre île. Quels sont vos endroits préférés?

L’hôtel Sikelia est un établissement fantastique! On y mange divinement bien et le service est exceptionnel. Je le recommande à mes amis quand ils viennent me rendre visite. L’hôtel n’est pas loin de la maison. J’aime aussi le restaurant «Il Principe e il pirata» La maman est en cuisine et tout est succulent. Anna fait elle-même ses raviolis et aussi la ricotta. Tout est fait maison. Le fromage, le beurre. On connaît les vaches qui produisent le lait. Et les tomates sont juteuses et goûteuses à souhait.

Ce sont toujours les pâtes qui vous attirent…

Oui, mais il y a aussi des poissons extraordinaires comme le maquereau poêlé, salade d’oranges et poudre de câpres, ou le poulpe grillé et aussi les petites sardines frites. Les pistaches et amandes accompagnent beaucoup de plats. Des saveurs inoubliables.

D’autres lieux qui vous séduisent?

Je me baigne souvent dans le lac de Vénus. C’est mon immense piscine! (Rires). Sur place, il y a un camion, un des années 50 au milieu des arbres, et devant un petit restaurant désuet où l’on mange très bien.

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