En mai, la vice-présidente et directrice artistique de Chopard vivra son 26e Festival, dont elle a dessiné la palme. Elle évoque ici sa passion du 7e art, ses amitiés avec les actrices, mais elle parle aussi de son amour pour la cuisine et les chiens. Exclusif.

En mai prochain, comme toujours, les actrices les plus mythiques du 7e art monteront les marches du Festival de Cannes en arborant les joyaux de Chopard, quintessence du glamour et du raffinement. Le vainqueur du Festival se verra remettre la Palme d’or, dessinée voilà 26 ans par Caroline Scheufele, responsable des bijoux et coprésidente de la prestigieuse maison genevoise (son frère Karl-Friedrich est chargé des montres). Dix jours durant, Cannes lui permettra de conjuguer ses deux passions: le cinéma et la haute joaillerie. Chopard en est le partenaire emblématique.

Vous allez vivre votre 26e Festival de Cannes. Avec toujours le même enthousiasme?

Oui, car aucun festival ne ressemble à un autre, il y a chaque fois de nouveaux films, de nouveaux acteurs, de nouveaux clients pour nous, une atmosphère différente. Et c’est encore plus glamour quand le soleil règne.

Autour de vous au 7e étage de l’Hôtel Majestic, l’équipe de Chopard comptera une quarantaine de personnes contre trois lors de votre première à Cannes en 1998.

En 1998, j’avais débarqué au Festival avec des petites boîtes de chocolats fabriqués à La Chaux-de-Fonds. Quand j’en offrais aux stylistes et autres, on me demandait: «Ah, vous faites des chocolats?», car personne ou presque ne connaissait Chopard. Le Festival nous permet à chaque édition de rencontrer nos clients venus du monde entier. En plus, cette année, après deux ans d’absence due au Covid, les Chinois seront de retour.

Rarement couchée avant 4h du matin, levée à 8h, comment tenez-vous le coup pendant cette quinzaine?

J’essaie d’avoir la meilleure des hygiènes de vie, je bois beaucoup d’eau, car pour moi cela ressemble à un marathon. Je profite de chaque moment de libre pour faire une petite sieste d’une demi-heure au calme. Je distribue des petites boîtes de vitamines à mon équipe pour qu’ils tiennent le coup. Et, en réalité, je vais rarement en salle, car je dois préparer les rendez-vous du lendemain. La plupart des films de Cannes, je les vois paradoxalement après le Festival.

Cannes est une pub de rêve pour Chopard.

C’est chaque année l’événement le plus médiatisé du monde, avec la finale de la Champions League en football. Et contrairement aux Oscars qui se limitent à une soirée, le Festival dure presque 15 jours devant la presse du monde entier. Et je crois que le digital en a encore accru l’impact.

Nec plus ultra, la Palme d’or, dessinée par vous-même, est signée Chopard depuis 1998. Un véritable coup de poker de votre part à l’époque.

L’année précédente, j’avais rendez-vous avec Pierre Viot, alors président du Festival, un homme charmant, dans l’espoir de rejoindre les partenaires du Festival, où ne figurait aucune marque de montres et bijoux. Derrière lui, dans son bureau, trônait l’ancienne palme que je ne trouvais pas très glamour, manquant de volume, de mouvement. Quand on en a parlé, il a vu mon expression un peu sceptique. Je lui ai proposé d’en dessiner une nouvelle. Je suis rentrée à Genève avec la palme en question dans mon sac, ce qui n’était pas si risqué, car elle n’était pas en or 18 carats comme aujourd’hui. «Tu es folle», s’est exclamé mon frère quand je lui annoncé la nouvelle. C’est ainsi que l’aventure a commencé.

Sur les marches, les plus belles actrices portent les bijoux de la collection baptisée «Red Carpet», nouvelle chaque année, et dessinée par vous-même. Une autre idée folle?

On peut dire ça. En plus, selon mes vœux, le nombre de pièces correspond aux éditions du Festival, 76 par exemple cette année. Avec Cannes plus la préparation du Watches & Wonders, le salon de l’horlogerie à Genève, nos ateliers ont frôlé le bug récemment (rires).

Plusieurs acteurs et actrices sont devenus des amis au fil des années.

Ils ont tous des caractères, des talents très différents. Je suis très proche de Marion Cotillard, de Penélope Cruz et d’Uma Thurman par exemple. Et puis, j’ai forcément un faible pour Julia Roberts, l’ambassadrice de notre marque. Déjà iconique, elle devient juste magique quand elle sourit. Elle était à Genève récemment pour le lancement de notre nouvelle campagne au salon Watches & Wonders.

À l’époque, il vous était arrivé une aventure cocasse avec une certaine Elizabeth Taylor et un de vos bijoux.

Friande de joaillerie, Elizabeth Taylor avait porté lors d’une soirée un de nos colliers en diamants rose en forme de cœur. À 2h du matin, son attachée de presse m’appelle pour me dire que Madame Taylor souhaite dormir avec le collier. Comme elle séjournait dans une villa surveillée par des bodyguards, j’ai donné mon accord. Puis à 11h, retéléphone pour me demander de passer à la villa, car la star souhaite acheter le collier avec si possible un prix spécial à la clé. Sur place, les bijoux que j’ai amenés se mêlaient aux siens qu’elle avait sortis d’un coffre et posés sur la table dont un très beau saphir offert par Richard Burton. Cerise sur le gâteau, son petit chien se promenait là-dessus. Je suis restée trois heures avec Elizabeth Taylor. Je n’oublierai jamais.

Léa Seydoux et Mario Cotillard, entre autres, ont reçu le Trophée Chopard, récompensant l’acteur le plus prometteur et que vous remettez chaque année au Palm Beach. Un prix particulièrement important à vos yeux?

Aujourd’hui, le Trophée est reconnu officiellement par le Festival. Les débuts pour les jeunes sont très difficiles tant la concurrence est féroce. Ce prix leur sert de plate-forme idéale.

Quel est le plus beau film que vous ayez vu à Cannes?

Il y en a tellement. Je dirais le si bouleversant «La vie est belle» de Roberto Benigni. Et puis, j’ai toujours adoré les films de Woody Allen même il n’a jamais voulu figurer en compétition officielle, de peur de ne pas gagner, à mon avis.

Au gré de vos pérégrinations pour visiter les quelque 150 boutiques que compte Chopard dans le monde, vous ne vous séparez jamais de deux fidèles compagnons…

Ah, vous vous voulez parler de mes peluches fétiches, mon singe et mon lapin. Depuis toute jeune, mon père m’a envoyé voyager. Je les ai emmenés pour la première au Japon, j’avais 18 ans. Depuis, ils ne me quittent plus. C’est une manière d’avoir toujours un peu de chez-moi à mes côtés où que je me trouve.

Vous aimez, paraît-il, particulièrement passer quelques jours au calme dans votre propriété de Prangins?

Oui, je lis, je m’occupe de mes roses. La nature a toujours été ma principale source d’inspiration pour créer les bijoux. Et je cuisine, italien, chinois, péruvien. Quand on cuisine avec un petit verre de blanc à la main, on oublie tout, c’est un moment privilégié.

Vous avez combien de chiens aujourd’hui?

Quatre. Un Leonberger, un Terre-Neuve, un King Charles et un Basset. J’en ai eu jusqu’à 12 à la maison quand huit chiots sont nés d’une petite bêtise de mes Leonberger de l’époque. J’en avais offert six à des amis et garder deux pour moi. Les chiens ont ceci de plus que les humains qu’ils vous donnent beaucoup d’amour sans rien demander en retour. Sans oublier la fête qu’ils vous font quand vous rentrez.

Aujourd’hui, vous vous sentez plutôt Suissesse ou Allemande, votre pays d’origine?

J’avais 13 ans quand je suis arrivée à Genève pour suivre l’École Internationale. Le fond de mon cœur est suisse, totalement.

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