Diane Tell, un magnifique album signe son retour

Paris Match Suisse |

 

Celle qui chantait « Si j’étais un homme », star incontestée des années 1990, fait son retour avec un album tout en douceur et poésie. En 2020, Diane va multiplier les concerts en France, en Belgique et au Canada. Elle donne cependant la primeur à la Suisse avec un concert exclusif à Lausanne. A l’aube de ses 60 ans, Diane ne se sent pas vieillir, bien au contraire. Elle multiple les projets et donne vie à ses rêves : vivre au cœur des montagnes valaisannes dans un chalet écologique, donner naissance à son treizième album, partir en tournée à travers le monde et surtout être libre. Un nouvel amour, pourquoi pas ? Mais sans quotidien. L’artiste dit travailler beaucoup trop pour concilier passion et vie de couple. Diane nous reçoit dans son chalet clair et lumineux. Il lui ressemble. Authentique, plein de charme, sans prétention. Nous nous installons « côté bistrot » comme le nomme amicalement Diane. L’artiste nous prépare un thé et nous parle de son potager. Amoureusement.

 

Paris Match Suisse. Racontez-nous la découverte du Valais, l’achat de ce chalet  …
J’ai découvert le Valais il y a bien longtemps  ! Enfant, je rêvais de venir en Suisse. Ce pays réunissait deux de mes passions : le ski et le jazz. Il y a cinq ans, après un concert, l’idée de m’installer en Valais a germé. Direction l’ambassade de Suisse à Paris ! J’ai demandé : « Que dois-je faire pour m’installer en Suisse ? « Allez dans le village que vous avez choisi et si vous aimez, vous ferez les démarches ! » m’a répondu la jeune femme de l’ambassade. Tant de bon sens m’a confortée dans mon idée. Ce chalet était en construction. J’ai été séduite par son environnement, son dégagement et le fait qu’il était écologique avec le label Minergie. Je l’ai acheté en cinq minutes  !

Une nouvelle vie, ici après Biarritz ?
Une vie qui me correspond. J’aime la solitude. Comme le cholestérol, il y a la bonne et mauvaise solitude (celle qu’on ne choisit pas). Je travaille beaucoup. Je viens de sortir le treizième album studio. Et pour la première fois cette année, j’ai réalisé trois rêves: le Montreux Jazz, le Paléo et la Fête de Vignerons.

Etes-vous tombée amoureuse d’un beau Valaisan ?
Pas encore ! (Rires) Je ne suis pas contre l’idée d’une nouvelle histoire d’amour. En revanche, je ne pense pas être faite pour la vie de couple. Même si j’ai été mariée durant quinze ans. J’aime ce que je fais passionnément ! J’ai compris que je n’étais pas un cadeau pour l’autre. Je suis loin d’être la femme idéale ! Pourtant avec mon mari, on s’est beaucoup aimé. Nous restons proches et lorsque je vais à Biarritz, je loge chez mon ancienne belle-famille.

Vous souvenez-vous de votre premier amour ?
J’ai vécu une grande histoire d’amour avec Jérôme Savary, acteur et metteur en scène. Il a aussi beaucoup compté dans ma carrière. Il est malheureusement décédé aujourd’hui.

Vous vivez des amours passion, êtes-vous jalouse ?
Pas du tout et on me l’a reproché. Je ne suis pas possessive. Je vis l’amour comme à une certaine époque où le romantisme prônait. On se retrouve, on ne se pose pas de question.

La fidélité en amour ne semble pas importante pour vous …
Je n’aurais pas quitté mon amoureux s’il m’avait trompée. Pour ma part, je suis mono-amoureuse et fidèle. Je n’ai dérogé à cette règle que lorsqu’une histoire était en train de se finir.

Pourquoi le mot liberté habite tout votre être ?
La liberté est essentielle pour moi. La liberté, c’est aimer ce que l’on fait et être où l’on veut être  ! La liberté et le désir vont de pair. Ma liberté, c’est aussi de n’avoir pas de dettes.

Vivre en Valais semble vous porter bonheur, c’est un beau retour, nouvel album, fin d’année et année prochaine de nombreux concerts en France et au Québec.
Je me sens bien ici pour travailler. J’ai pu accoucher de mon dernier album et les nouveaux projets vont bon train.
Vous venez de donner quelques concerts à Paris. Quels sentiments avez-vous ressentis ?
Une belle satisfaction. J’ai fait onze concerts en douze jours. Ma santé est bonne. Je travaille comme si j’avais 30 ans. Je m’équilibre entre Paris, Bruxelles et le Canada où je suis passée à la vitesse supérieure. Dans mon pays, la nouvelle génération me reconnaît.

Ici en Valais, vos nuits sont-elles plus belles que vos jours ?
Elles sont souvent blanches, avec les décalages horaires ! Je m’adapte. Ma vie est étrange. Je n’ai pas d’horaires. J’écris souvent la nuit et je dors quand j’en ai besoin.

Aujourd’hui avez-vous des remords ou des regrets ?
Ni l’un, ni l’autre. Je ne suis pas du tout nostalgique. J’ai peut-être fait quelques bêtises, blessé des gens. J’essaie de me pardonner. Je devrais certainement être plus présente pour ma mère qui est devenue oblate chez les Bénédictines lorsque j’avais 16 ans. Je pense avec tendresse que ma mère prend soin des âmes et mon père chirurgien (aujourd’hui décédé) des corps.

Vous avez travaillé avec de grands artistes comme Michel Berger, Johnny Hallyday, Françoise Hardy ou Laurent Ruquier, quels souvenirs  ?
Michel Berger m’a repérée très tôt, France Gall aussi … (Rires). Après mille refus, j’ai accepté de travailler avec lui : « La légende de Jimmy » en 1990 et 1991. Il était formidable. Il y a eu ensuite ma rencontre avec Jérôme Savary et la comédie musicale « Marilyn Montreuil    » en 1991-1992. Johnny Hallyday, quant à lui, faisait ma pub pour ma chanson : « Si j’étais un homme ». J’ai chanté trois textes de Françoise Hardy lors des Victoires de la musique en 1986. C’est une belle rencontre! J’ai aussi chanté dans la comédie musicale de Laurent Ruquier « Je m’voyais déjà » en 2009. Il a été mon témoin de mariage.

Quelle force vous tire continuellement en avant ?
Le désir ! J’ai une nature forte, une bonne santé mentale et physique. Un petit soldat.

Vous êtes naturelle, décontractée, vous ne semblez pas être, contrairement
aux autres stars, obnubilée par votre image …
Jeune, je ne me sentais pas spécialement jolie. Et je n’aurais jamais été tentée de me « servir » de ma beauté. C’est si éphémère. Ça m’échappe cette affaire-là  ! (Rires). Adolescente, les garçons ne s’intéressaient pas à moi.

Qu’aimez-vous dans votre physique  ?
Ma mère m’a donné une belle qualité de peau. Et surtout ma bonne santé. Je fais du ski, de l’aviation, du surf. Je franchis souvent la ligne rouge.

Acceptez-vous de vieillir ?
Je ne me sens pas vieillir. Tout au plus, dans le regard des autres. Et je n’aime pas la façon dont notre société traite le sujet. Au Japon, les personnes âgées sont considérées comme des maîtres à penser d’une grande importance pour le pays.

Parlons nourriture. Etes-vous une gourmande ?
Je suis une grande amoureuse de bonne nourriture ! En tournée, pas question de fréquenter les Routiers. Au moins, une fois par jour, on s’offre un excellent restaurant. Même si depuis 1983, je ne mange plus de viande.

Un plat valaisan qui vous fait craquer ?
La fondue ! Entre 16 et 17 ans, j’ai chanté dans la rue. Je voulais faire comme Edith Piaf. Je gagnais dix dollars de l’heure. Lorsque j’ai réuni quarante dollars, je suis entrée dans le restaurant à Montréal qui s’appelait le « Chalet Suisse ». J’ai commandé une fondue et un quart de vin blanc. Si ça, ce n’est pas un signe ?

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