Du haut de son mètre 93 et de ses 59 ans, ce sportif accompli, chanteur populaire et père de cinq enfants est un homme heureux, apaisé et serein.

Ayant quitté depuis un an sa casquette de capitaine tricolore et le tennis professionnel, Yannick Noah sillonne à présent le monde sur son bateau. « Avant qu’il ne soit trop tard, j’essaie de réaliser mes rêves », déclare-t-il sourire aux lèvres. Quand on le rencontre, on a envie de lui poser mille questions sur sa philosophie de vie car Yannick est vraiment cool. Généreux, il l’est aussi. Comme en témoigne son nouvel album très joyeux qu’il a sorti pour faire partager son bonheur.

Paris Match Suisse. Vous êtes de passage en Suisse, un pays que vous connaissez bien, avez-vous un souvenir en particulier ?
J’en ai beaucoup mais l’image qui me restera est celle quand je promenais mes filles à vélo. A l’époque, j’étais un papa célibataire et je passais mes journées à m’entraîner au tennis ou à skier, toujours dans un cadre idyllique. C’était une vie de rêve !

Dans ce nouvel album « Bonheur indigo », on vous retrouve très optimiste, beaucoup plus que dans le précédent, des événements particuliers se sont-ils produits dans votre vie ?
Cet album est le reflet de ma vie actuelle. J’habite sur un bateau depuis bientôt trois ans et je m’y sens merveilleusement bien. Quand on écoute les sonorités ensoleillées des chansons, on a l’esprit allégé, c’est comme une thérapie.

Comment se déroule votre vie en mer et qu’êtes-vous allé chercher ?
J’en avais assez des embouteillages, d’un mode de vie bien établi et des règles, je voulais avoir de l’espace, du temps et de la tranquillité. J’adore admirer chaque lever du jour et j’avais besoin de ce lien avec la nature. Le bonheur est tellement simple.
Quel est votre état d’esprit pour avoir le sourire en permanence ?
Je ne me suis pas à l’aise si j’ai des obligations. Certaines sont incontournables mais il y en a d’autres que l’on s’impose inconsciemment. J’essaie donc de me libérer l’esprit. C’est tellement agréable de se réveiller et de s’accepter. Peut-être ce sentiment vient avec l’âge.

Etes-vous plus heureux maintenant qu’il y a quelques années ?
Tout dépend des périodes, il y a parfois des moments difficiles mais il faut savoir rebondir, comme dans le sport.
Vous avez un titre dans votre album qui s’intitule « Baraka », considérez-vous avoir été chanceux dans votre vie ?
Absolument! Il y a eu des périodes de ma vie où j’ai dû prendre de grandes décisions. Il y en a trois qui ont transformé mon existence et quand j’ai tranché, il y a toujours eu une raison affective.

Avez-vous un exemple ?
Je me suis retrouvé à jouer au tennis par amitié. A l’âge de 12 ans, je vivais au Cameroun et j’étais venu en France pour le tennis. J’étais en pension, loin de ma famille et j’étais malheureux. A la fin du premier trimestre, j’avais pris la décision de rentrer en Afrique. Mon ami m’a dit que si j’abandonnais l’aventure, il ferait pareil. Comme je ne voulais pas qu’il arrête, je suis revenu. Finalement, il m’a permis de devenir tennisman. Sans lui, je ne sais pas comment j’aurais évolué. A un moment donné, on a tous de la chance, il faut juste la reconnaître et l’attraper au bon moment. La baraka, c’est ça !

Dans votre titre « Love », vous dites vouloir faire plus de place à l’amour, vous ne lui en donnez pas suffi-
samment?
Non, effectivement et pour une raison simple, je pense que l’on n’a jamais trop d’amour dans la vie !
Sur la pochette de votre nouvel album, pourquoi avoir choisi une photo de vous quand vous aviez 5 ans ?
J’adore cette photo ! Il y a un côté très tendre et affectueux qui me plaît.

Au sujet de votre enfance, quelle force en avez-vous tirée ?
La plus évidente est la tolérance. Pour mes parents, le fait de s’aimer dans les années 60 était faire preuve d’énormément d’ouverture d’esprit. A cette époque, les mariages mixtes n’existaient quasiment pas. J’ai donc grandi dans un environnement où il y avait plusieurs cultures. J’ai vu deux êtres tellement différents s’adorer et leur histoire a été une formidable leçon de vie.

Cette image vous a-t-elle fait avancer dans la vie ?
Absolument ! Inconsciemment, tout ce qui a pu me guider quand je jouais au tennis, quand je chante ou dans ma vie personnelle, c’est toujours cette volonté de réunir les gens.

C’est important pour vous la famille ?
Oui, la famille a une place primordiale dans ma vie et pour mes enfants, c’est pareil. Ils ont des mamans différentes mais ils sont très proches et j’ai toujours veillé à cette entente.

Avec le recul, quelle est la principale qualité qui vous a permis de réussir dans votre carrière ?
La question est pourquoi un gamin va-t-il s’entraîner tous les jours, du matin au soir ? De quoi manque-t-il pour ne pas aller s’amuser avec les autres ? De l’extérieur, je dirais que cette qualité est la détermination mais de l’intérieur, c’est différent. Quand j’étudie les points communs des joueurs que j’ai entraînés, ils ont tous ressenti un manque à un moment donné et ils l’ont reporté dans le sport. Quand on est enfant, il y a cette recherche inconsciente de reconnaissance. Moi j’étais très timide, je n’avais pas confiance en moi et j’avais besoin du tennis pour prendre de l’assurance.

Quel est le défaut dont vous vous seriez bien passé ?
Cette timidité m’a souvent bloqué et empêché d’avancer.

Vous avez un public féminin très nombreux, il y a un côté très séducteur en vous, l’assumez-vous ?
Bien sûr et cela me fait très plaisir ! Mais pas seulement avec le public féminin, je ressens la même joie quand les enfants dansent sur mes chansons.

Comment l’expliquez-vous ?
Je pense que c’est la douceur qui doit plaire. Mon côté grand gaillard qui est en même temps sensible, je crois qu’il ne laisse pas indifférent et j’en suis très flatté !

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Le député des français établis en Suisse et au Liechtenstein assume toutes ses provocations. Bouffon et stratège, cet anticonformiste extraverti voue sa vie au travail, se cache dans la lumière crue de ses fanfaronnades. Vilipendé par les uns, loué par les autres, il trace son propre chemin sur le fil du rasoir. Interview.

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