Cachée. Trouver la magnifique propriété de Jean-Claude Biver sur les hauteurs du golfe de Saint-Tropez nous a valu une certaine persévérance pour… enfin, arriver à destination. Et ceci malgré les indications précises de l’homme d’affaires.

L’endroit est magique, entre vignes et mer dans les pins avec un exceptionnel rouvre, un chêne somptueux, à la fois imposant et artistiquement léger comme dessiné dans la dentelle. Sandra, l’épouse de ce leader incontesté, en est tombée amoureuse au premier regard. C’est cette rencontre, lors de sa première visite, qui l’a incitée à aller plus loin et inviter son mari à découvrir cette propriété d’exception. Ils ont acheté cette maison il y a dix ans. «C’est l’une des plus anciennes fermes de Ramatuelle», confie l’homme et l’on sait combien Jean-Claude Biver est attaché à la terre. «Nous avons transformé l’intérieur sans toucher aux volumes. Impossible dans la région d’agrandir une maison, ni même par le sous-sol. Tout est très restrictif. Les autorités veulent préserver la nature et elles ont raison!» 

Nous nous installons sur la terrasse. Devant nous la mer et une bastide entourée de 20 hectares. Pas de risque d’être dérangé par des voisins bruyants, de la musique à tue-tête ou tout autre désagrément sonore. 

Au milieu de ce décor méditerranéen se cachent le tennis, la piscine et son pool house. Rien n’est visible. Tout s’harmonise à merveille dans cette végétation si riche et voluptueuse.

«J’ai toujours désiré vivre dans ce village. Il a un charme fou, un doux mélange de romantisme et de tradition». Et si Gérard Philipe, le monstre sacré du cinéma et acteur sublime avait influencé Jean-Claude? Pas vraiment. Il n’est pas encore passé voir sa tombe cachée dans ce cimetière de Ramatuelle si particulier face à la mer, ouvert sur l’infini.

Ce qui a motivé le patron d’Hublot, c’est son souvenir des années 60 quand il venait camper avec les copains à Ramatuelle. «C’était moins couru que maintenant, les people n’avaient pas posé leurs valises. J’ai le souvenir de ce petit bistro charmant au cœur du village. Le désir d’acheter un bien à Ramatuelle date de longtemps, mais j’avais des désirs particuliers: un terrain plat avec la vue sur la mer, entouré de vignes et de pins. Objectif presque impossible. Cette maison est un cadeau et elle ne nous a réservé que des belles surprises! Il y avait pas mal de pins d’Alep sauvages en mauvaise santé. Après les soins, nous avons découvert un paysage de rêve, encore plus beau de tout ce que nous avions imaginé!»

Que fait donc Jean-Claude Biver cet été? Il travaille. C’est une seconde nature. On ne se refait pas. Il a toujours été un passionné, un créateur, un inventeur, un stimulateur d’idées, un entrepreneur!  A la fin de l’année pourtant, il lèvera un peu le pied. Et pour cet homme qui fait de l’or de tout ce qu’il touche, pas évident.

Jean-Claude a une certaine philosophie de la vie et du partage qui inspire une admiration certaine: «Si vous avez des privilèges, cela vous donne des obligations:  partager, redonner et humanité.»

Aujourd’hui, l’homme d’affaires est très impliqué dans la région. Il soutient l’association de protection des rivages. Et il prend aussi le temps d’expliquer aux enfants de la région avec la complicité du maire, son fromage, pourquoi, comment? Il explique les vaches dans l’alpage, l’herbe tendre et riche en fleurs et en saveurs qu’elles broutent en montagne. Le goût du lait s’en ressent. Il est plus floral et plus goûteux. Sans compter que sans elles, l’herbe non broutée pourrait faire des dégâts et provoquer des avalanches.

Il rit. «Cet été, je vis au ralenti avec environ 35 heures de travail par semaine. Je suis soulagé du poids de l’opérationnel au niveau du Groupe. Je peux exercer un rôle de suggestions, de conseils, d’appuis. Puis j’évoluerai en fonction des opportunités et des missions.»

L’éternel patron semble en excellente santé. Tout va bien? «Oui. Je suis guéri à 100% de ma polymyalgie. C’était dix-huit mois de cortisone et deux opérations. Les effets secondaires, le diabète ou l’ostéoporose. J’ai échappé au diabète mais pas à l’ostéoporose de la hanche.» Cela n’empêche pas l’homme d’afficher son éternel optimisme.

Depuis fin juin, Jean-Claude Biver a établi ses quartiers d’été à Ramatuelle. Il entretient de belles relations avec les restaurateurs de la région et parle volontiers de ses préférences. «Nous aimons déjeuner au Club 55. Le patron a une grande conscience du bio. Ses légumes et ses fruits sont bio. Il ne sert pas de viande de bœuf, car il n’en connaît pas l’origine. Il opte plutôt pour le porc ou l’agneau qui ne dérogent pas à son éthique. Sa cuisine est toujours d’une grande stabilité, simple, savoureuse, méditerranéenne et goûteuse. Et ses poissons sont extraordinaires. 

Il a le courage de bannir le Coca-Cola aux risques de s’attirer les foudres de certains aficionados. 

On aime aussi, le soir, dîner au restaurant du village Le Salama. La tendance est marocaine, coucous et mezze. Délicieux.

Le restaurant japonais de La Réserve orchestré par un maître sushi devant l’immensité de la Méditerranée est aussi une expérience fantastique.

Il nous arrive aussi de choisir La Sauvageonne à Ramatuelle. Le restaurant? Des cabanes en bois dans un écrin de végétation. Nano, le propriétaire possède aussi le restaurant du même nom à Megève. Et dernièrement, nous avons découvert le To Share dans l’espace du White, au cœur du village mythique de Saint-Tropez, sur la célèbre place des Lices, créé par Jean Imbert et Pharrel Williams. Ils ont ouvert au début juillet et nous y sommes déjà allés trois fois! Exceptionnel.»

Dans sa bastide, Jean-Claude Biver a le privilège de travailler dans une verrière ouverte sur les arbres et le salon. Un écrin de verre pour un homme de qualité. Il évoque avec nous ses moments privilégiés. Le matin. Il continue à sa lever à 5 heures. Sur sa terrasse, il savoure seul face à lui-même, dans la quiétude de ce lieu idyllique, son cappuccino. Il précise: «J’ai découvert le lait de riz, c’est tellement mieux pour la digestion!» A quoi rêve l’homme à cette heure si matinale? «J’ai le sentiment d’être en symbiose avec la nature, je vois arriver le soleil…» Et pour un être qui jouit d’un certain rayonnement, l’arrivée du soleil n’est qu’une évidence. Le sportif enfourche ensuite son vélo pour parcourir une cinquantaine de kilomètres. Il part direction la forêt (la sienne) et il laisse galoper ses idées, ses rêves, ses déterminations.

A la fin de l’après-midi, toujours sur cette même terrasse, Jean-Claude, face à l’immensité de la mer, déguste une Suze bien fraîche.

Durant la journée, il sera entouré de sa famille. Quelquefois, ils sont douze à table. Enfants et petits-enfants gambadent dans la propriété, sans jamais se gêner. Rien ne se trouve proche de la maison, ni la piscine, ni le tennis, ni les autres activités. Chacun peut vivre sa vie sans côtoyer l’autre. Avec juste le bonheur de se retrouver lors de certains repas.

Et le soir venu, notre guerrier des temps modernes s’imagine dans son lit douillet où il plonge comme dans la ouate, dans le bien-être de l’air climatisé…

Des rêves encore à réaliser? A n’en point douter. Des millions encore qui nous épateront toujours.

Nous avons recroisé Jean-Claude dernièrement. Il venait fêter l’anniversaire de sa mère âgée de 91 ans chez un autre leader de l’hôtellerie, Jean-Jacques Gauer, au Raisin à Cully. «C’est une grande chance d’avoir encore ma maman! Sans compter qu’elle est complètement indépendante», s’enthousiasme le fils prodigue en montant dans l’avion qui s’envolait vers son havre de paix: Ramatuelle.

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