La pugnace et très médiatique directrice d’Amnesty International en Suisse jusqu’à fin juin voulait s’accorder une période de pause avant de chercher un nouveau job. Ce sera deux mois seulement, et le nouveau défi est déjà trouvé.

Synchronisée au possible, la news est tombée le 1er juillet précisément : Manon Schick occupera un poste stratégique créé par la conseillère d’Etat vaudoise socialiste Cesla Amarelle, cheffe du Département de la formation et de la jeunesse.

Dans sa vie précédente de professeur de droit, Cesla Amarelle était membre d’un Centre d’excellence de droit des migrations, l’un des thèmes fétiches de Manon Schick à Amnesty. Rien d’étonnant que la candidate, ait fait l’unanimité du comité de recrutement.

De solides affinités entre les deux femmes seront nécessaires pour ramener un peu d’ambition et de sérénité dans un domaine hautement sensible : l’application de la Convention internationale des droits de l’enfant des Nations Unies. Dans la pratique de ce qu’il est convenu d’appeler « protection de la jeunesse » sous nos latitudes. Tout un programme de mise à niveau en termes d’intérêt supérieur de l’enfant, qui doit aussi pouvoir s’exprimer et être entendu. Des notions forcément sujettes à interprétation.  

Manon Schick va diriger la nouvelle Direction générale de l’enfance et de la jeunesse. « Un rôle de pivot dans le dialogue avec les autres directions générales du département, mais aussi avec les intervenants de la protection de l’enfant que sont les juges, les avocats et les médecins ».

Ce qu’il s’agit surtout de protéger, devine-t-on, ce sont les enfants de parents à problèmes. De parents en guerre, dans tous les milieux. Un champ particulièrement difficile et complexe de l’action sociale. Avec les problèmes de violence accessoirement, physique ou psychologique sur les réseaux sociaux.

Manon Schick devra également apprendre à composer avec les fonctionnaires de l’Etat de Vaud, une culture assez différente de celle des ONG. « Je sais faire beaucoup de choses », disait-elle récemment. Ses références sont surtout internationales, mais son ancrage local n’est plus à démontrer.

Dans un entretien de sortie d’octobre dernier avec le quotidien La Liberté, qui la qualifiait « d’éternelle indignée », l’ancienne journaliste germano-suisse de L’Illustré disait préférer pour la suite « laisser de côté les dossiers très lourds humainement ». La voilà mal partie.

Initiée très tôt dans la Radio Acidule de Jean-Marc Richard, étudiante remuante en Lettres, bénévole en Colombie, on ne la voit pourtant guère oublier de se passionner pour une bonne cause. Au dépend du pragmatisme, diront ses éternels détracteurs. Ni de réussir ce qu’elle entreprend, peut-on leur répondre. Quant aux lumières des projecteurs, elle s’en est peut-être lassée.

« Mon rôle sera de piloter une politique cohérente par rapport à la Convention des droits de l’enfant», a précisé Manon Schick à 24Heures. La cohérence semble être sa grande affaire en effet. Huit mois plus tôt, celle qui en appelait à l’âge de quatorze ans au boycott des denrées de l’apartheid dans les supermarchés de son quartier était interrogée sur la génération Greta Thunberg. « On ne peut en tout cas pas lui reprocher un manque de cohérence, avait-elle répondu. La cohérence est un apprentissage à tout âge. »

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