Le plus célèbre des violonistes français se produit en concert dans toute la Suisse romande, pour notre plus grand plaisir.

 

Paris Match Suisse. Vous êtes en concert un peu partout (Genève, Lausanne) depuis le début de l’année. Quels sont vos liens avec la Suisse?

J’ai passé toute mon enfance à Chambéry. A 12 ans, mes parents m’ont emmené voir mes premiers concerts à Montreux, et j’ai eu mon premier contrat au Festival de Divonne à 18 ans. J’aime l’art de vivre en Suisse, le lac, les montagnes, le climat, la nature, mais aussi la proximité avec les gens, comme avec les étudiants que je rencontre à l’HEMU de Lausanne, où j’enseigne. Dès que j’arrive à Genève, je me pose, je suis bien. J’ai repris avec un immense plaisir la direction artistique de l’Académie Yehudi Menuhin, abritée à l’Institut Le Rosey de Rolle.

 Quel est le secret de votre vitalité légendaire?

La passion, je n’ai pas l’impression de travailler. Je me nourris aussi des rencontres que je fais, j’ai une curiosité insatiable, j’ai toujours besoin d’apprendre. J’essaie aussi de maintenir un équilibre de vie.

 Vos nuits sont-elles plus belles que vos jours?

Je peux me coucher très tard quand j’ai du travail, mais je me réveille très tôt, souvent à 5 heures, quand je dois prendre l’avion. Même en vacances, et cela s’est accentué depuis la naissance de mon fils. J’aime le matin, la journée qui commence…

 Qu’est-ce qui pourrait vous empêcher de dormir?

Je dors comme un bébé, sur commande, j’ai cette chance! La seule chose qui peut m’empêcher de dormir, ce serait par exemple des préoccupations autour de la santé de mes proches.

 Des remords ou des regrets?

Je n’ai pas de remords. Parfois de petits regrets, comme de n’avoir pas pu faire certains concerts quand j’étais en vacances. Je fais 130 concerts par an, ma vie est si riche, musicalement, je suis un homme comblé.

 Et les conflits, comment les vivez-vous?

Je déteste les conflits. Je les anticipe et les dissipe. J’essaie d’avoir toujours une attitude ferme et droite.

 Quelle force avez-vous tirée de votre enfance?

Toute ma force. Nous étions trois enfants, nous avons eu beaucoup d’amour et de bienveillance de nos parents. Cela aide beaucoup à se construire.

 Votre madeleine de Proust?

Une certaine nostalgie, peut-être, de mon enfance à Chambéry. Mon père était fonctionnaire et ma mère était au foyer. Je garde un souvenir très fort des premiers concerts auxquels j’ai assisté au Festival de musique classique des Arcs, en Savoie, je devais avoir entre 5 et 7 ans…

 Un petit truc pour vous calmer en cas de stress?

Encore une fois, je dors! Et dès que je peux, je vais courir sinon j’adore aussi la pratique du ski!

 

 Je fonctionne à la passion

 

 Quelle place tient l’amour dans votre vie?

Toute la place. L’amour est l’essentiel dans ma vie, avec la musique, qui est aussi une forme d’amour. Avec mon épouse Laurence Ferrari, nous avons construit une base très forte, c’est mon nid, mon socle de vie.

 La fidélité, c’est important?

C’est très important. La fidélité est évidente pour moi, en amour, comme en amitié. On parle souvent de la fidélité ou de l’infidélité amoureuse, mais je pense que c’est tout aussi fort en amitié. J’ai vécu dans ma jeunesse des blessures et des déceptions amicales qui m’ont beaucoup marqué. Je suis aussi fidèle dans le travail, j’aime travailler avec des gens que j’aime, par exemple des pianistes, tout en aimant être surpris par de nouvelles rencontres.

Qu’aimez-vous dans votre physique?

J’attache plus d’importance à l’élégance qu’au physique. L’élégance passe par l’attitude, le regard. Je m’intéresse plus à la personnalité, à l’intériorité. Chez les femmes, je regarde l’allure, le charisme, ce que dégage la personne.

 Acceptez-vous de vieillir?

Pour le moment, ça va, j’ai 43 ans. L’essentiel, c’est l’énergie. Et j’adore l’énergie que m’apportent les jeunes et les étudiants que je côtoie.

 Quel est votre rapport à la nourriture?

J’aime bien manger, j’apprécie la nourriture de mon enfance, des choses simples, rustiques, comme les soupes, les fromages, la salade rucola parmesan, les pâtes, le risotto.

Un vin?

Je bois très rarement, jamais après les concerts, et seulement quand je l’ai décidé. Dans ce cas mes goûts me portent vers le Côte-Rôtie ou vers les Bordeaux, comme le Château Haut-Brion.

Etes-vous croyant?

Oui, je suis chrétien, depuis toujours. J’ai la foi du charbonnier. C’est mon socle.

 Croyez-vous en une force supérieure?

Absolument. La musique et la foi, c’est lié. Un certain sens du sacré, qu’on retrouve par exemple dans la musique de Bach.

 Avez-vous relation saine avec l’argent?

Oui, j’ai appris dans ma famille à «faire attention», car on n’avait pas beaucoup d’argent.

 Plutôt cigale ou fourmi?

Ni l’un ni l’autre. Au début, j’avais du mal à dépenser, mais j’ai appris à me faire plaisir, et surtout à faire plaisir aux autres. Je vis ma situation et ma célébrité assez humblement, je n’ai jamais ressenti de culpabilité ni recherché la notoriété, même si j’ai découvert, depuis mon mariage avec Laurence Ferrari, que la notoriété n’est pas toujours facile à gérer.

 La rencontre qui vous a le plus marqué?

Le chef d’orchestre italien Carlo Maria Giulini: j’ai eu grâce à lui une de mes premières grandes émotions musicales à l’âge de 16 ans, mais aussi Claudio Abbado, et Daniel Barenboim. Et le journaliste Jacques Chancel. Et puis bien sûr mon épouse, Laurence Ferrari, avec qui je vis depuis onze ans.

Le musicien qui vous a le plus influencé?

A part ceux que je viens de citer, comme Giulini et Barenboim, qui ont bâti sur le temps et ont laissé une vraie empreinte, je citerais Brahms, Schubert, Bach, et Richard Strauss.

Le  dôme  coupole d’acier de  Bernard  Tschumi

L’architecte lausannois établi à New York a conçu le centre culturel avant-gardiste au cœur de l’un de plus beaux campus de Suisse : l’Institut Le Rosey. Imaginé par Bernard Tschumi et réalisé par le bureau Fehlmann Architectes, le Paul & Henri Carnal Hall est un espace dédié à la création, à l’apprentissage et à l’expérimentation des arts. Il accueille aussi depuis 2015 l’Académie Menuhin. Ce dôme bombé, dont l’enveloppe de métal émerge doucement du paysage, abrite une salle de concert philharmonique de 900 places assises ainsi que plusieurs salles de conférences. Il comprend aussi un Learning Center avec une bibliothèque, un centre d’enseignement de la musique et des arts plastiques ainsi que plusieurs espaces de détente notamment un café et un restaurant. Pour la réalisation de ce « bijou » d’architecture, trois matières ont été privilégiées : le métal, le verre et le bois. Même si le métal est l’élément le plus visible de cet ouvrage, le verre est l’élément qui le rend véritablement unique : il apporte de la transparence et la possibilité de voir aussi bien en dehors que dedans.

 

Le Flacon

Le Flacon

Au Flacon, le chef Yoann Caloué, à contre-courant des tendances post-confinement, profite de la baisse de couverts imposée pour élever sa cuisine bistronomique au rang de cuisine gastronomique pour le plus grand bonheur des papilles de ses convives!

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