L’intérieur d’une villa ou d’un appartement raconte souvent l’histoire de ses propriétaires et du lieu où ils habitent. Au gré de leurs inspirations, Ottavio Di Chio, Jorge Cañete et Roche Bobois matérialisent ces rêves les plus intimes.

OTTAVIO DI CHIO – La chaleur de l’artisanat

En juin prochain, Ottavio Di Chio vivra un moment chargé d’émotions. Une de ces pierres blanches qui marquent forcément une carrière. Fermé depuis 2018, le Villars Palace rouvrira officiellement ses portes et c’est à lui que les deux propriétaires, Marco Dunand et Jérôme de Meyer, ont confié la mission de lui rendre son lustre. Un sacré défi! Mais le designer italien, basé à Lausanne avec son bureau de création Iconia, fondé en 2016, était certainement le partenaire idéal pour concrétiser ce projet, un peu fou, qui marie hôtellerie de luxe, culture et développement durable. «J’ai toujours été fasciné par l’architecture, l’archéologie industrielle et l’artisanat. Je suis surtout une personne dont l’activité onirique est assez intense, au grand désespoir de ma femme.» S’il rêve beaucoup, Ottavio Di Chio a surtout cette faculté de transmettre son enthousiasme, son énergie, autour de lui. Et cette chaleur, toute transalpine, se retrouve dans ses intérieurs. C’est même sa marque de fabrique! «Tous nos projets sont imprégnés d’un savoir-faire d’antan, comme la marqueterie ou la mosaïque, mais nous lui associons des touches de contemporanéité.» Il existe cependant un autre ingrédient indispensable: «Je demande toujours à mon équipe d’identifier un élément représentatif et iconique du projet.» Un cheval bleu en résine trône ainsi au milieu de la boutique Longines à Dubaï. À Villars, ce sera ce luminaire en forme de chemin de fer, dans le bar du Palace, avec cette miniature de l’Orient-Express qui, chaque heure, fera un tour de 60 secondes. Un clin d’œil à un fait d’histoire: le fameux train s’était arrêté à Aigle en 1936 pour y déposer des voyageurs invités à assister à un slalom international à Bretaye. «Mon but est d’interpréter le désir de mon client et de le réaliser tout en tenant compte du territoire dans lequel je me trouve et du positionnement des lieux.» Boutiques de luxe, restaurants, hôtels… Ottavio Di Chio impose sa signature en Suisse ou à l’étranger. Et, fort de ses 300 collaborateurs disséminés entre Lausanne, Turin et Singapour (50 designers et architectes, plus de 200 ouvriers pour la production du mobilier), il est un peu comme le génie de la lampe: il est capable de réaliser tous vos souhaits.

JORGE CAÑETE – LA POÉSIE COMME INSPIRATION

Jorge Cañete a déjà vécu plusieurs vies. Responsable du marché Asie-Pacifique pour la marque Raymond Weil, il a lancé des parfums pour Ungaro ou Bvlgari. Il a aussi beaucoup voyagé. De New York à Rome. C’est justement cette vie de nomade qui l’a amené à l’architecture d’intérieur. «Je me suis rendu compte que, ce qui m’amusait le plus à chaque fois, c’était de refaire ma maison!» Ces déménagements successifs lui ont permis, à chaque fois, de raconter une nouvelle histoire, souvent inspirée de la ville où il se trouvait. Cette philosophie, le Genevois, désormais basé à Grandson, l’applique dans chacun de ses projets. À la base, l’équation est la même: il y a un lieu de vie, un client et un environnement (mer, montagne, milieu urbain). Jorge Cañete y insuffle alors sa vision poétique du monde et sa sensibilité. Sans se soucier des sirènes de la mode. «Ce sont les émotions du client, ses souvenirs, ce qui lui est propre en fait, qui rendront l’endroit intemporel, et non les tendances du moment.» Existe-t-il un fil conducteur? Le designer aime tout ce qui touche à l’écriture: la calligraphie, l’esthétisme des lettres, une évocation intellectuelle qui fera réfléchir… Il se souvient ainsi de ce château dans lequel Voltaire avait séjourné et dont le propriétaire le chassa sans ménagement. «J’ai eu l’idée de tapisser les murs d’une pièce avec ses œuvres complètes pour dire que, finalement, Voltaire était revenu.» Chaque lieu rend donc un projet unique: l’histoire y est ancrée, sans esbroufe. Jorge Cañete s’est naturellement inspiré des armoiries de Grandson pour imaginer sa maison comme point de rencontre entre la lune et le soleil. Un concept qui n’aurait pas de sens ailleurs, à ses yeux! «Je n’ai plus de raison de changer mon intérieur, Maintenant, je le fais chez les autres…»

ROCHE BOBOIS – L’ART DE VIVRE EN COULEURS

Un manège blanc, la tour Eiffel en toile de fond et deux jeunes amoureux qui jouent au chat et à la souris avant d’échanger un tendre baiser, le tout accompagné d’une version contemporaine de la chanson de Lucienne Delyle, datée de 1942: «Mon amant de Saint-Jean»… La nouvelle pub de Roche Bobois continue de vendre une certaine idée du «French art de vivre». Avec ses couleurs pétillantes et ses rondeurs gourmandes. Alors que la tendance prône le minimalisme nordique, tons neutres et lignes droites compris, la marque française en prend volontairement le contrepied. «Il n’est pas facile de définir précisément le style de Roche Bobois, car il est multiple», admet Charlotte Joublin-Delas, responsable de collections Pôle décoration depuis deux ans et demi. «Je dirais qu’il est plutôt coloré, joyeux, qu’il aime les formes organiques et les choses architecturales…» Fondée en 1960, l’entreprise s’appuie sur le talent et la créativité d’une foultitude de créateurs, français et internationaux. «Nicolas Roche, directeur de collection, organise aussi des concours de design en Europe, aux États-Unis ou en Afrique du Sud, ce qui permet à la marque de s’ouvrir à d’autres horizons.» Mais tous les projets ne sont pas acceptés. Ils doivent correspondre à l’image de Roche Bobois, à sa vision contemporaine et géométrique du mobilier. Si elle apprécie les matériaux nobles comme le bois massif, le marbre ou l’albâtre, la maison française, basée à Paris, milite également pour l’éco-confection, en choisissant, autant que possible, des fabricants et partenaires locaux, voire européens. Pouvait-elle se passer du vert écolo quand on aime à ce point la vie en technicolor?

Jean-Luc Bideau, monstre sacré, fragile et volubile

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Jean-Luc Bideau était l’invité de Festival du 7e Art dont Vincent Perez est le président et l’initiateur de ce magnifique projet. Pour cette 5e année, il a réuni à nouveau réuni des invités prestigieux comme Willem Dafoe, Elsa Zylberstein, Daniel Brühl, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Jean Dujardin, Irène Jacob, Marie Gillain, Anne Brochet, Marthe Keller…

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