C’est l’objet fétiche de cette année 2020. Le masque. En papier, en blanc, en classique. Fait à Pékin ou Trifouilly. High-tech, jetable, réutilisable. C’est une icône, qui nourrit la chronique.

Comment le trouver? Comment le confectionner? Comment le porter? Comment l’enlever? Les questions tournent en boucle, les magazines se l’arrachent. Le masque est partout. Il intéresse le marché. À Zurich, il est en tissu lavable, imbibé d’une solution qui tuerait le virus. Succès fulgurant. À Lyon, il rappelle les tranchées. Même la mode s’en empare. On le porte désormais en turquoise, léopard, motifs africains, chaussette, façon Yannick Noah. Chaque époque a son emblème. Les dames du siècle avaient leurs crinolines, Mai 68 ses pattes d’eph. Bienvenue au temps du virus, du patient zéro, des gestes barrières. Et des masques de protection!

Au début de la pandémie, il ne s’en trouvait pas. La Suisse, d’ordinaire si prudente, n’était pas prête. Pas plus que ses voisins. Depuis quelques jours, les masques sont en présentoir dans les grandes surfaces. Même l’armée en stocke, pour le futur. L’adversité rend prudent. Tant mieux!

Sur lui, on nous a tout dit. Il nous protège. Ne nous protège pas. Feint de nous protéger. Aujourd’hui, il est obligatoire dans les commerces et les transports, en Autriche, en France, en Espagne, en Italie, en Belgique, en Pologne. Pas en Suisse. Qui a raison, qui a tort? Allez savoir. Le virus, comme le nuage au temps de Tchernobyl, s’arrêterait-il à nos frontières?

Le masque a existé, en tout temps. Africain, tibétain, vénitien, inspiré de la commedia dell’arte, pour gommer les différences et doper la fête. Aujourd’hui, la fête est finie et le masque est là pour nous rappeler que nous sommes bien plus fragiles que nous ne l’avions cru. Qu’un simple virus, parti de Chine peut détruire des familles et tétaniser une économie. L’Histoire retiendra sans doute qu’il fut un temps, dans les années 20, où le monde avançait à tâtons et ne savait plus. S’il fallait confiner ou pas, s’il fallait rouvrir les écoles ou pas, s’il fallait embrasser ses petits enfants ou pas, s’il fallait porter un masque. Ou pas!

Le Flacon

Le Flacon

Au Flacon, le chef Yoann Caloué, à contre-courant des tendances post-confinement, profite de la baisse de couverts imposée pour élever sa cuisine bistronomique au rang de cuisine gastronomique pour le plus grand bonheur des papilles de ses convives!

lire plus

Pin It on Pinterest

Share This