La présidente du Conseil d’Etat vaudois, cheffe du Département des infrastructures et des ressources humaines est devenue le leader incontesté de cette période meurtrie et compliquée, liée au Covid-19. Elle a fait figure de meneur et a multiplié sans relâche les rendez-vous avec la presse et les interviews. Elégante et toujours avec le sourire. Une main de fer dans un gant de velours? Peut-être mais avec le charme qui la caractérise.

Paris Match. Le matin, avez-vous un rituel auquel vous ne dérogez pas?

Nuria Gorrite. Absolument. Je bois un jus de citron pressé et un expresso, seule, dans ma cuisine. C’est un moment privilégié, de moi à moi. J’écoute la RTS et je lis le journal. Je n’étais pas, par nature, matinale mais je le suis devenue. Mes fonctions me l’ont imposé. Je suis donc une couche-tard et une lève-tôt. Par chance, je fonctionne très bien avec 6 heures de sommeil.

Vous semblez prendre un certain soin à vos tenues toujours particulièrement élégantes?

Ma maman, modiste, m’a donné le goût des jolies tenues. Depuis toute petite, j’ai appris à prendre soin de moi. C’est un respect vis-à-vis des autres. Aujourd’hui, j’ai appris à me connaître et savoir ce qui me convient. Je choisis des vêtements plutôt classiques adaptés à toutes les circonstances, aussi bien aux séances internes que devant la presse, qui m’a beaucoup sollicitée ces derniers temps.

C’est vrai que j’ai privilégié le noir. Nous vivons des heures difficiles. Quand on doit faire prendre conscience aux gens que l’heure est grave, qu’ils doivent avoir des comportements contre-nature, comme la distanciation ou qu’il faut interdire des lieux publics, la solennité et la sobriété sont de rigueur. Tout en mettant l’accent sur la perspective collective de sortir grandis de cette épreuve.

 

Impossible d’aller chez le coiffeur durant 6 semaines, comment avez-vous fait pour entretenir votre jolie blondeur?

Je vous avoue que je n’ai rien fait. Je laisse mes cheveux naturels, blonds et un peu blancs. Ma botte secrète? Un shampoing violet que je laisse poser 5 minutes. J’ai renoncé aux mèches depuis un certain temps.

Et vos chaussures semblent prendre une place essentielle dans votre garde-robe?

Oui. J’ai acheté les chaussures que je porte aujourd’hui à Lisbonne. Je les aime beaucoup. Les chaussures sont un accessoire essentiel. On peut porter une petite robe très simple qui fera tout son effet avec une jolie paire d’escarpins. J’aime les chaussures confortables mais qui ajoutent une touche d’originalité.

Est-ce important pour vous de vous sentir belle et féminine pour aborder des décisions ou des combats importants?

Bien évidemment. Le fait de me maquiller, de me sentir présentable, est une discipline qui rejoint mon plus lointain souvenir. Il me semble essentiel de prendre soin de soi, car en tant qu’élus on incarne les institutions pour lesquelles j’ai le plus grand respect. Je mets la même rigueur et la même énergie à prendre soin de mes dossiers, la forme ici rejoignant le fond.

Avez-vous le sentiment de courir un marathon?

Oui, bien sûr. Nous vivons des journées très longues. C’est colossal et la charge mentale est également immense. Heureusement que depuis tant d’années, mon corps s’est habitué à ce rythme effréné.

La pause-café ou thé est donc particulièrement attendue…

Les pauses, on les a oubliées! Et souvent, il m’est arrivé de ne pas avoir eu le temps de manger à midi. Le premier mois «de lutte» contre le Covid-19 a été particulièrement éprouvant. J’ai ressenti la force de ce Gouvernement! L’ensemble de mes six collègues ont déployé une force de travail et d’analyse d’une intensité hors du commun. Sans oublier le chancelier et les collaborateurs. Cette aventure extraordinaire a montré combien nous étions soudés.

Avez-vous ressenti à un certain moment une fatigue, un découragement?

On peut avoir un petit coup de fatigue au début de l’après-midi, mais c’est sans compter sur l’adrénaline qui nous pousse inéluctablement en avant. Il faut y aller! Les gens comptent sur nous. Nous n’avons pas d’alternative. Au moment le plus crucial de la crise sanitaire, j’ai ressenti des vertiges le matin dus à ma grande fatigue. Aujourd’hui, ils se sont dissipés.

Avant ce 11 mai, plus de restaurant ouverts, que faisiez-vous à midi?

Le Gouvernement se retrouvant les mercredis et vendredis, on se faisait livrer des salades, des sandwichs et des yaourts. Et ce 11 mai, j’ai été déjeuner dans le même restaurant que le jour qui a précédé le confinement. Ainsi la boucle était bouclée. J’ai à cœur de soutenir cette branche économique durement touchée.

Quelles sont, d’après-vous, vos qualités essentielles pour convaincre?

L’honnêteté, être dans l’empathie. Se mettre à la place des gens. La situation inédite que nous vivions nous imposait d’agir, de décider dans l’urgence, quand bien même nous n’avions pas toujours toutes les réponses en main. Nous avons dû gérer les incertitudes.

Et vos faiblesses?

Le doute. Mais c’est peut-être salutaire de douter? Quand on a mis en place le télétravail, que les commerces ont fermé, j’ai été prise d’un immense vertige le matin du 17 mars à 7h30 quand j’ai traversé un Lausanne désert. Le doute doit faire réfléchir mais en aucun cas paralyser. Et nous devions prendre des décisions importantes majeures.

Qu’est-ce qui pourrait vous faire sortir de vos gonds?

Il est vrai que la mauvaise foi peut me faire me départir de mon calme. En politique, nous sommes aguerris à l’affrontement des idées. Celui-ci peut être dur, il est toujours salutaire et vivifiant quand il est loyal.

Pourtant vous semblez toujours calme et souriante, en toutes circonstances…

En politique, on a appris à entendre toutes sortes d’arguments. Il faut savoir gérer ses émotions. Pour moi, cela n’a pas été évident au départ lorsque j’ai embrassé la vie politique. Je suis très émotive, cela a pris du temps.

Faites-vous vos courses? Avec ou sans masque?

Oui, je fais mes courses. J’ai dorénavant toujours des masques dans mon sac avec un gel hydro-alcoolique. Il est clair que j’ai mis un masque lorsque j’ai été en visite au CHUV aux soins intensifs ou dans un EMS. Je recommande le masque si nécessaire et pour ma part, je l’adapte en fonction des circonstances. Si je vais dans un magasin où il n’y a personne, je ne vois pas l’utilité d’en porter un, en revanche dans des transports publics bondés, oui.

Le soir, quand vous rentrez chez vous, que ressentez-vous?

De la paix, de la sérénité, c’est mon havre de quiétude. C’est mon espace de respiration. Je m’y ressource. D’autant plus que je suis de nature casanière.

Que représente la maison pour vous?

Ma maison me correspond, elle est tournée, d’un côté sur la ville et de l’autre, sur la nature. J’ai besoin des deux pour me sentir bien. Je suis citadine avec tout ce que cela représente, son joyeux tumulte, sa foule, ses théâtres, ses commerces… Mais je suis aussi une amoureuse d’arbres, de végétation et du lac. Cela correspond à l’aspect un peu plus sauvage de ma personnalité.

Le soir, pour vous détendre, c’est plutôt lecture, séries ou actualités?

Les trois! J’ai besoin de ma vie à moi après mon marathon. Je regarde les nouvelles. J’aime aussi les séries, cela me détend. Et surtout j’adore lire! J’ai aussi passé des heures au téléphone avec mes amis. Eux, qui ont toujours été là pour moi.

Durant cette période de coronavirus particulièrement compliquée, vos nuits ont-elles été perturbées?

Pour être honnête, oui. La charge mentale était d’une telle force que cela m’a empêchée de dormir normalement, à l’instar de tous mes collègues du Gouvernement. Cela va mieux! Nous avons, durant cette période, été portés par la mission qui nous a été confiée.

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