Tout ce que vous devez savoir sur… Antoine Tschumi

Paris Match Suisse |

Antoine Tschumi est designer horloger depuis vingt ans. Alors, il court beaucoup, dessine souvent et réinvente des montres tout le temps.

 

C’est en designant qu’on devient …

Au début, dans les années 1970, les fabricants de boîtiers imaginaient l’esthétique des montres. Et puis les marques ont voulu prendre la main. C’est là que les premiers designers ont émergé. Et les écoles d’art ont peu à peu développé des filières spécialisées. Antoine Tschumi a suivi ce cursus avant d’intégrer les rangs de Gucci puis de voler de ses propres ailes. Il a créé son entreprise à 22 ans. De là à dire qu’il est un homme pressé ? En vérité, Antoine Tschumi aime ce qu’il fait et fait ce qu’il aime.

Un talent multifacettes

Et ceux qui pensent qu’un designer horloger reste rivé à sa planche de dessins se trompent. Antoine Tschumi dessine certes, mais il fait mille autres choses. Comme analyser le marché pour repérer les trends, observer ce que font les concurrents, s’informer sur les nouveaux matériaux. Et puis ? Ce n’est pas tout. Quand une marque l’engage pour fabriquer une montre, il en élabore tous les pans, look, ingénierie. Bien sûr qu’il collabore avec les commanditaires, c’est même le nerf de la guerre. Car une montre réussie colle à l’ADN de la marque.

Il est fier de …

Evidemment qu’il aime tous les garde-temps qu’il a conçus. Mais, il avoue un coup de cœur particulier pour la reine de Naples de Breguet. Un bijou de luxe qui figure parmi ses premières créations. Et puis, il y a aussi les Opus Chic VIII d’Harry Winston. Antoine Tschumi aime aussi parler des montres Greubel Forsey, une marque de niche – les joyaux coûtent près de 500 000 francs, qu’il considère comme le nec plus ultra de la haute horlogerie. Antoine Tschumi en est d’ailleurs le designer presque attitré depuis plus de dix ans. Ce n’est pas tout. Et parce qu’il est un créatif avant d’être un chef d’entreprise, l’horloger allemand Grossmann lui a confié le développement de son identité visuelle. Bingo, le designer a ciblé juste.

Le job idéal

« Le métier de papa est idéal ». C’est ce qu’affirment ses deux enfants, de 15 et 13 ans. Pourquoi ? Parce que le designer horloger voyage souvent à travers l’Europe, l’Asie et dans toute la Suisse. Deux semaines sur quatre, il est loin de chez lui. C’est l’absence de routine qui fait rêver ses fils. Et puis, ils disent aussi que leur père donne l’impression de s’amuser souvent et de rencontrer des gens passionnants. Ce qu’ils perçoivent surtout, c’est sans doute ma manière d’être plus que ce que recouvre mon job.

La montre fantasmée

Même quand on invente des montres depuis vingt ans, on continue à fantasmer celle à venir. Soit. « Mais je ne rêve pas d’un nouveau design ou d’une nouvelle mécanique, explique Antoine Tschumi. Je rêve d’un accord parfait. En vérité, la marque est plus importante que la montre en tant que telle. Car, si une pièce détonne avec son environnement naturel, si elle ne s’inscrit pas dans ce qui fait l’essence d’une enseigne, alors c’est une intruse. Je serais capable de craquer sur une montre que je ne trouve pas belle si elle correspond au bon ADN ». Alors, il regrette que parfois pressées par le temps, les marques sortent de leur histoire et valident des pièces qui ressemblent à celles de leurs concurrents. Et comme Antoine Tschumi ne manque d’esprit, il ajoute que les horlogers se livrent à une véritable mais préjudiciable course contre la montre.

Par quoi on commence ?

Quand on invente des montres, par quoi commence-t-on ? Il y a deux manières de procéder et Antoine Tschumi utilise l’une ou l’autre. D’abord, il part de l’innovation technique, car le mécanisme très sophistiqué d’une montre est en « work in progress » permanent. Ensuite, il imagine le cadran, le boîtier, le bracelet. Ou il donne forme à son idée et il élabore la faisabilité. Pas tout seul. Il s’adresse parfois à des orfèvres en matière d’ingéniosité horlogère.

L’art et la cuisine

Comment le designer occupe-t-il ses loisirs ? En découvrant des gens. C’est assurément ce qui le passionne le plus. Et c’est pour cela aussi qu’il aime la part de voyage dans sa profession. Parce qu’elle lui permet de croiser des personnes qui ont un autre regard sur l’existence. C’est important pour lui, d’élargir sans cesse son horizon. Et puis, il y a l’art. La peinture des impressionnistes surtout. La sculpture encore. Et quand il veut se détendre, quand il veut se régénérer, il se met derrière les fourneaux. Il adore perpétuer les recettes de famille que les Tschumi se transmettent de génération en génération. Mais plus que le contenu de l’assiette ce qu’il recherche c’est la convivialité. « Partager un repas avec ses proches et ses amis, échanger des idées et des rires, je ne vois pas ce qu’il y a de mieux que ces rencontres pour se sentir bien ».

Retrouvez cet article dans notre édition Paris Match Suisse

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