Bastian Baker: “Un chagrin d’amour? Je cherche plutôt à m’étourdir”

Paris Match Suisse |

Nous l’avions rencontré il y a cinq ans, à ses débuts. Avant de le revoir, ce matin-là, dans le parc de sa maison d’adoption, une question revenait sans cesse : le succès lui était-il monté à la tête ? Dès qu’il s’est approché, nous avons été rassurés d’emblée. Sa chaleur humaine, sa gentillesse, sa spontanéité, son tutoiement amical, tout était identique.

 

Succès fulgurant pour Bastian Baker. Il était partout, sur nos ondes, nos publicités. Puis il s’est fait plus rare. Jusqu’à être moins présent sur les réseaux sociaux. Le jeune artiste, beau gosse, talentueux, étonnant, préparait un grand coup. Une tournée mondiale avec Shania Twain !

Le jeune artiste a gardé sa fraîcheur et sa simplicité. Sa maturité, quant à elle, est quelquefois désarmante. A croire qu’il a vécu déjà d’autres vies. Trois mots pour le définir ? Intelligent, sage et plein d’humilité. La qualité des grands.

Paris Match Suisse. Bastian Baker, dans quel état d’esprit êtes-vous quelques heures avant de vous envoler pour les Etats-Unis ?
Bastian Baker. J’ai hâte ! Il y a deux trois mois que ma tournée est confirmée mais annoncée il a juste 15 jours. C’est une opportunité unique pour moi ! Shania Twain qui est une artiste mondialement connue a eu un coup de cœur pour mes chansons. J’ai encore du mal à y croire; Shania assume à fond de soutenir un jeune artiste inconnu aux Etats-Unis.

Heureux, excité ?
Je suis, bien sûr, à la fois heureux et excité de faire mes premiers pas aux Etats-Unis. Mais je ne suis pas quelqu’un de nerveux. Je me prépare et je sais pourquoi je fais les choses. Dans la mesure du possible, j’aime être l’acteur des événements de ma vie.

Humainement, Shania Twain est une si belle personne. Un soutien pareil, c’est un cadeau !

Votre concert « au revoir » hier soir à Lausanne, émouvant ?
C’est mon bassiste qui a eu l’idée, pour ce concert, de regrouper tous les gens que j’aime autour de moi. Toute ma famille était là, ma grand-mère, comprise. Il y avait beaucoup d’amour dans la salle. Tous chantaient, ils connaissaient mes chansons par cœur. Les gens aiment mes mélodies et mes textes. Ils se reconnaissent dans mes mots. Ces paroles pourraient être les leurs. Cette puissance et cet amour m’ont donné des frissons à plusieurs reprises.

Ce sont souvent les rencontres qui guident nos vies. Parlez-nous de celle avec Shania Twain.
Je l’ai rencontrée au Picotin, le chalet de Claude Nobs, au-dessus de Montreux. Je me suis retrouvé à la table de Grace Jones et Shania Twain. J’ai tout de suite eu un excellent contact avec Shania. Sympathique, charmante. Je me suis spontanément bien entendu avec elle. Elle était habillée simplement, sans chichi.

Quelle relation entretenez-vous avec elle ?
Une magnifique relation. Avec elle, mais aussi avec les siens. Humainement, c’est une si belle personne. Un soutien pareil, c’est un cadeau ! Il faut savoir que je n’ai rien cherché à provoquer. Son mari et elle, sont venus me voir chanter à Paléo. Et je pense que le projet a germé à ce moment-là.

Une autre a été déterminante, celle avec Patrick Delarive, l’homme d’affaires qui vous a découvert. Restez-vous proche aujourd’hui ?
Je suis plus proche que jamais avec Patrick ! La confiance dans mes relations joue un rôle essentiel dans ma vie. C’est un homme qui m’inspire. Il a des valeurs incroyables. C’est un être génial. Je ne peux que tarir d’éloges à son encontre. Nous nous sommes rencontrés un soir, le 29 mai 2010. La fille de Patrick fêtait son anniversaire. Et ma petite amie de l’époque était copine avec elle. A la fin de la soirée, j’ai joué et chanté. Patrick m’a confié plus tard : « Quand j’ai vu ces jeunes de 18 ans se taire pour t’écouter, que tu captais toute leur attention, j’ai compris que tu allais percer ! » L’aventure avec Patrick est une aventure humaine exceptionnelle.

The Great Escape. Concert improvisé de Bastian Baker, à Lausanne. Ici avec Patrick Delarive. ©

The Great Escape. Concert improvisé de Bastian Baker, à Lausanne. Ici avec Patrick Delarive. © Valdemar VERISSIMO

Parlez-nous de votre premier passage sur scène.
Le premier passage sur scène, le bar de mon père lorsque j’avais 5 ans ! (Rires). Mon père est restaurateur. Depuis vingt ans, il gère le Sport Café, à deux pas du Royal Savoy, où je pose mes valises quand je séjourne à Lausanne. Plus sérieusement, la scène du Montreux Jazz Festival en 2012. Un concert dans la salle Strawinski, c’est impressionnant.

Avez-vous le trac ?
Non. Je me sens parfaitement bien sur scène. Pour moi, être sur scène, c’est comme aller faire mes courses, c’est simplement naturel. Je suis parfaitement préparé et détendu.

Comment pourriez-vous décrire votre enfance.
Une enfance magnifiquement épanouie et heureuse. Une vie au bord du lac, de l’amour et de bons résultats à l’école. Que du positif ! Des parents fantastiques et deux petites sœurs que j’adore. Oui, mes parents sont toujours ensemble ! Je sais, à l’heure actuelle, c’est presque exceptionnel. Ma grand-mère, lors du concert, hier soir, était sur les marches de l’escalier. Ce n’est pas fantastique ?

Un mauvais souvenir de cette période ?
Mes 18 ans. Je n’ai pas compris pourquoi tout d’un coup on devenait adulte ! Qui sont ces gens qui décrètent cela ? J’étais révolté. Comment pouvait-on m’obliger à passer de l’enfance à l’état d’adulte du jour au lendemain ?

J’ai toujours mis la femme au centre du monde, de la vie

Quelles sont vos attaches affectives en Suisse romande ?
Je suis très proche de mes potes. Je les ai connus au gymnase lorsque je suivais le cursus, sport-études. La plupart sont des athlètes aujourd’hui.

Laissez-vous une petite amie éplorée ?
Ma petite amie doit avoir de la patience et être dénuée de tout sentiment de jalousie. Je voyage tout le temps, je rencontre beaucoup de jeunes femmes et les tentations sont là. Ma vie privée doit rester privée. Je fais de la musique par amour de la musique pas pour être connu.

Quitter une petite amie, c’est tout de même un peu perturbant sur le plan émotionnel ?
Ça ne se passe pas mal. On verra … Je n’ai que 26 ans. Et je ne prône que les énergies positives. Les négatives sont néfastes, je les exclus de ma vie.

Quel genre de garçon êtes-vous ? Romantique, dragueur ?
C’est la fille qui va définir qui je suis. Si elle fait les premiers pas, plutôt dragueuse, je deviens dragueur. Mais il faut savoir que je suis plutôt timide. Je n’aime pas déranger. Je préfère que les amis établissent le premier contact. Mes potes et moi nous sommes déjà intervenus quand on a vu une femme se faire harceler.

Bastian Baker – Five Fingers

 

Vous soutenez le mouvement qui libère la parole des femmes harcelées ?
Bien sûr ! J’ai deux petites sœurs que j’ai à cœur de protéger. On intervient enfin sur des faits qui auraient dû être dénoncés depuis longtemps. J’admire les femmes qui ont le courage d’entamer une action, celles qui brisent les mauvais codes. J’ai toujours mis la femme au centre du monde, de la vie.

Dites-nous comment vous vivez un chagrin d’amour.
Je ne me replie pas sur moi-même, je cherche plutôt à m’étourdir. J’ai vécu une rupture il y a quelques années, j’ai appelé mes potes, on a fait le tour des bars. Il fallait que j’oublie.

J’ai peur aujourd’hui de choses dont je n’avais pas peur il y a dix ans

Appréhendez-vous de vivre durant des mois dans des hôtels sans réel port d’attache ?
Je n’appréhende pas. De toute façon, je ne suis pas du genre à m’apitoyer sur mon sort. Je relativise. Et je ne voyage pas dans les mêmes conditions que les réfugiés syriens ! Si on a de gros problèmes, ça crée du contenu et on cherche des solutions.

Qu’est-ce qui vous excite le plus dans l’aventure tournée mondiale ?
La découverte d’un monde que je ne connais pas. Imaginons qu’un petit Suisse comme moi fasse la conquête des Américains, ce serait magique.

Qu’est-ce qui pourrait vous faire peur dans la vie ?
J’ai peur aujourd’hui de choses dont je n’avais pas peur il y a dix ans, comme un saut à ski par exemple. Je deviens plus prudent.

En trois mots comment pourriez-vous vous définir.
Je préfère que ce soit vous qui choisissiez les mots pour me définir.

Retrouvez cet article dans notre édition Paris Match Suisse

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