Jacques de Watteville l’emblématique

Paris Match Suisse |

L’ancien secrétaire d’Etat et ambassadeur est entouré de précieux symboles dans son nouveau bureau présidentiel de la Banque Cantonale Vaudoise à Lausanne. Aide au décodage d’une personnalité imposante qui ne cesse d’intriguer.

Dans son bureau de la Banque Cantonale Vaudoise à Lausanne, le président Jacques de Watteville accède à un minuscule balcon. Une sorte de loge donnant sur la ville et le lac. Au fond de la grande scène, la Dent d’Oche, sa cour de cimes et de crêtes verdoyantes surplombant Evian-les-Bains. Voilà pour l’extérieur.

L’intérieur, lui, ouvre sur le monde. L’ancien ambassadeur et secrétaire d’Etat, issu des lignées patriciennes bernoises aux noms francisables  – on y parlait la langue de Molière en famille au Grand Siècle – y a consigné quelques emblèmes de sa patiente quête de sens. Une fameuse trajectoire publique et privée qui ne cesse d’intriguer. Plaquette en arabe du grand mufti de Syrie tout d’abord, offerte en reconnaissance des initiatives prises par ce fils de pasteur lausannois pour favoriser le dialogue interreligieux. Maria, l’épouse de Watteville, est Libano-Syrienne et Jacques fut ambassadeur à Damas dans les années 2000. Ils ont trois enfants et quatre petits-enfants.

En témoigne aussi cet écusson commémoratif remis par un général des Casques bleus de l’ONU sur le plateau du Golan. Une autre encore en mémoire de la Patrouille des Cèdres: oui, une modeste, mais ambitieuse réplique de celle des Glaciers. Jacques de Watteville en fut l’un des initiateurs en 2008 dans les montagnes libanaises de Kfardebian. Parcours à quelque 2500 mètres d’altitude pour la promotion de la paix.

Entre trois fleurons de la vaste collection d’art de la BCV, Rouge, Vallotton, Sarto, on y tombe encore sur un sceau en marbre à son nom, transcrit en chinois: DU ZHE WEI, littéralement «philosophe, haute montagne et grande stature». Offert par le vice-ministre des affaires étrangères de Chine populaire, puisque de Watteville fut aussi en poste à Pékin. Puis une croix fédérale ondulante en verre créée par un artiste du Moyen-Orient: «Elle n’a l’air de rien, mais j’y suis très attaché.»

Au centre, en plus local, un cheval en bronze accompagné de son cavalier, ayant appartenu au général Guisan. Donné par la famille à un oncle de Jacques, qui le lui a ensuite transmis. Ce glorieux souvenir l’a fidèlement accompagné dans ses différentes missions.

Clou de la visite, dans un tout autre genre: une clé à panneton de soixante centimètres de long, en plexiglas, sur laquelle les noms des deux mille employés de la BCV ont récemment été gravés en miniature, mais très distinctement. Pièce unique, œuvre d’un artisan de la place.

Ne nous y trompons pas. Ces distrayantes apparences ne reflètent que très partiellement une personnalité surtout attirée par la technicité et la profondeur. Avocat à l’origine, au bénéfice d’une double formation juridique et économique, Jacques de Watteville semble les avoir toujours recherchées depuis qu’il est entré au corps diplomatique en 1982. Après un passage au CICR, dont il a gardé un fond d’activités humanitaires, il a surtout fait carrière aux Affaires économiques et financières. Du côté de Londres et Bruxelles en particulier. Depuis les années 1990, on retrouve cet européiste naturel et très convaincu sur différents fronts sensibles s’agissant de défendre intelligemment les intérêts de la Suisse. Les accords bilatéraux avec l’Union européenne, le secteur financier continuellement mis sous pression par ses concurrents… Du lourd.

Jacques de Watteville est nommé secrétaire d’Etat en 2013. Aux questions financières internationales tout d’abord, en pleine crise du secret bancaire avec les Etats-Unis. Un véritable ouragan. Il se familiarise vite avec certains microcosmes de Washington. Puis comme négociateur en chef avec l’UE, dans un environnement de crise relationnelle quasi permanente, encore exacerbé par le vote populaire de 2014 mettant en cause la libre circulation des personnes. Sans parler du Brexit. L’âge de la retraite était dépassé d’une année lorsqu’il a quitté le Département des affaires étrangères l’an dernier.

Quel rapport avec la BCV, a-t-on parfois entendu lors de sa nomination? Son aisance lors de la première assemblée générale en avril, un véritable marathon, a levé les doutes. Quel risque principal identifie-t-il dans cette solide et tranquille banque de référence à l’échelle suisse? «Nous avons contrôlé notre croissance dans le domaine hypothécaire depuis 2012, pour limiter les risques de bulle immobilière et favoriser un atterrissage en douceur.»

La brutale crise des années 1990 n’a pas été oubliée dans le canton. «Nous sommes très attentifs aussi aux perspectives incertaines sur les taux. Le premier risque est surtout une opportunité à mes yeux: la révolution numérique. La BCV a été pionnière dans certaines phases, lorsqu’il s’agissait d’e-banking en particulier. Il s’agit surtout de mobile banking aujourd’hui, avec d’autres tournants encore. Il ne faut aller ni trop vite, ce ne serait pas notre rôle. Ni trop lentement, pour ne pas se faire dépasser dans des domaines clés.» Du lourd également.

Présent quasi quotidiennement dans son bureau de la place Saint-François, l’ancien négociateur en chef continue aussi d’observer et d’analyser la grande actualité. Avec l’optimisme prudent dont il ne s’est jamais départi. Un langage qui peut parfois paraître diplomatique, mais qui prend souvent tout son sens sur le long terme. Que faut-il penser du chaos dans lequel se sont brouillées les relations Suisse-Union européenne? Eh bien! que la possibilité d’une cour arbitrale se profile, et qu’elle devrait permettre d’apaiser les tensions. «C’est une question de volonté politique. Elle doit venir des deux côtés. L’intégration européenne a connu de nombreuses crises, dont elle est le plus souvent sortie renforcée.» La Genève internationale aurait tort également de désespérer des Etats-Unis. «Le multilatéralisme offre tant d’avantages pour tout le monde que même les grandes nations qui ont voulu s’en distancier y reviennent en général.» Nous voilà presque rassurés.

 

Rendez-vous magiques au Liban

Soixante équipes ont participé à la Patrouille des Cèdres au Liban, venant aussi de France, d’Italie, de Suisse ou encore du Kazakhstan. Une nouvelle édition devrait bientôt se préparer. L’ancien premier lieutenant d’infanterie de montagne de l’armée suisse a laissé des souvenirs de meneur d’hommes inusable du côté de Savatan ou dans les hauteurs d’Hérens et d’Anniviers. Il est aujourd’hui intarissable sur ses randonnées à ski, parmi les loups et en terrains parfois minés (au sens non imagé) dans les chaînes du Mont Liban et de l’Anti-Liban. Hors domaines skiables qui, soit dit en passant, sont accessibles en un jour au départ de Genève.

Delaunay le Parisien

Delaunay le Parisien Paris Match Suisse | Publié le 04/10/2018 Jean Pierre Pastori Il était temps de rendre hommage à l’un des maîtres de l’abstraction du début du siècle passé. Avec les moyens considérables qui sont les siens, le Kunsthaus de Zurich présente quelque...

Rencontre avec Isabelle Caillat

La critique est unanime à saluer sa performance dans «Cellule de crise», qu’elle porte littéralement à l’écran. L’actrice et comédienne genevoise semble en cristal, pure et éclatante

Tout ce que vous devez savoir sur… Anne-Marie Maillefer

Tout ce que vous devez savoir sur… Anne-Marie Maillefer Paris Match Suisse | Publié le 20/09/2018 Jean Pierre Pastori La présidente de la Loterie romande (Vaud) a mené une riche carrière dans les soins infirmiers.   «Je suis gâtée par la vie.» Lâchés comme une...

Vivre autrement, entre tests, vaccins et quarantaine…

Quand voyager devient presque un acte de bravoure, entre tests et quarantaine, la santé se retrouve plus que jamais au cœur de nos préoccupations.

Hublot soutient Sorai : sauvons les rhinocéros!

L’horloger suisse est devenu partenaire de l’association créée par l’ex-star du cricket, Kevin Pietersen, et présente une Big Bang Unico en édition limitée pour récolter des fonds.

Ils peuvent mourir faute de soins – Dégâts collatéraux du COVID

Spécialiste de l’obésité, le docteur Pierre Fournier, chirurgien bariatrique à l’Hôpital de Nyon, intervient également au Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne. Il pense déjà à l’après Covid-19, notamment au dépistage et à la prise en charge

Thierry  Wegmüller, un  self-made -man

Rencontre  avec  l’entrepreneur  et  patron  de clubs  bien  connus  des  Lausannois.

L’économie suisse cherche des repères

OPINIONS. La crise dont on parle est à l’industrie et aux services ce que 2008 fut au secteur financier: un redoutable saut dans l’inconnu.

Nuria Gorrite: des journées marathon

La présidente du Conseil d’Etat vaudois, cheffe du Département des infrastructures et des ressources humaines est devenue le leader incontesté de cette période meurtrie et compliquée, liée au Covid-19.

NICOLE CASTIONI, «Jamais je ne pardonnerai l’inceste»

À 63 ans, l’ancienne députée genevoise évoque son enfance détruite dans la nouvelle série de la RTS, «Sacha», un thriller inspiré de son parcours.

Pin It on Pinterest

Share This