Tout ce que vous devez savoir sur… Tatyana Franck

Paris Match Suisse |

La directrice du Musée de l’Elysée, à Lausanne, est passée de Picasso à la photo. Elle excelle à relever les défis.

Une grande travailleuse     

Cette sportive qui pratique le ski, le tennis et la course à pied fonce, droit devant. Un musée à diriger, une programmation à établir, des expositions à préparer, un déménagement à prévoir. En 2021, le Musée de Elysée rejoindra le mudac dans le quartier des arts, Plateforme 10, à deux pas de la gare. Un projet enthousiasmant auquel elle voue un tiers de son temps. Autant dire que «c’est intense». Mais le travail ne lui fait pas peur. Ses réalisations passées en témoignent. Elégante, cette blonde aux yeux bleus, aux fins sourcils et à la bouche écarlate, a la parole claire et précise. La voix un peu froide est régulièrement réchauffée par de chaleureux éclats de rire. Tatyana Franck a le contact facile. On la devine à l’aise en toutes circonstances.

A la découverte du monde   

Origines française et belge, mais racines suisses. Tatyana est née à Genève. A huit ans, lors du divorce de ses parents, elle suit sa mère à Londres, puis à Paris. A douze ans, retour à Genève où elle obtient sa maturité fédérale. Après des études à Paris, Londres, New York, Hong Kong et des voyages de par le monde, la voilà à Lausanne où elle a «découvert une qualité de vie et des personnes extraordinaires». Avoir vécu dans différents pays est un excellent apprentissage. «On apprend à s’adapter. Une question de survie.»

Histoire de l’art et MBA en management   

Huit années durant, Tatyana Franck dirige les Archives Claude Picasso, à Genève. Ainsi est-elle en étroit contact avec les œuvres de Pablo Picasso et avec d’importantes collections photographiques, parmi lesquelles le Fonds David Douglas Duncan qui documente le travail du peintre. Mais elle rêve de diriger une institution publique. «Pour cela, être historienne de l’art ne suffit pas. Il faut des compétences en gestion et management.» Elle se lance donc dans un MBA qui lui fait passer chaque mois une semaine à New York, une semaine à Londres et une semaine à Hong Kong. Sur les quarante étudiants – un conseiller du président du Kazakhstan, une banquière angolaise… – elle est la seule à venir du monde de l’art.

Des expositions qui circulent 

Avant même de prendre la direction du Musée de l’Elysée, Tatyana a déjà plusieurs expositions à son actif, tant à Paris et Malaga qu’à Las Vegas et Mexico. Elle prépare actuellement une «Charlie Chaplin, A Vision» pour Shanghaï. «Le musée est régulièrement approché pour son savoir-faire et son expérience. Une quinzaine d’expositions voyagent chaque année dans le monde entier. Mais nous en coproduisons aussi avec d’importants partenaires, comme cet été une exposition Dubuffet avec la Collection de l’art brut, la Fondation Dubuffet, à Paris, et les Rencontres photographiques d’Arles.»

Son mari fait du coaching émotionnel          

Autant Tatyana Franck est blonde, autant son mari Alexis de Maud’huy est brun. Diplômé de Sciences Po, auteur d’une thèse sur «les dynamiques cognitives des grands patrons à travers leurs références historiques», il a publié aussi «Napoléon et le management». Ce descendant du marquis de Sade est le concepteur du site «Wikilove.com», l’encyclopédie collaborative de l’amour. Dans son cabinet lausannois de coaching émotionnel, Alexis accompagne, dit-il, «ceux qui ne veulent plus subir les problèmes émotionnels, ni les leurs ni ceux des autres.»

Un seul toit pour la photographie et le design  

Sur les cent quarante-neuf bureaux d’architecture intéressés par la seconde phase de Plateforme 10, dix-sept ont été retenus. Et c’est le projet des frères portugais Aires Mateus mettant la photographie et le design sous le même toit qui a remporté le concours. Tatyana apprécie tout particulièrement l’optimisation des surfaces intérieures – un plateau de 1500 m2 au rez pour le Musée de l’Elysée, un autre de 1500 m2 pour le mudac – qui permet de respecter les identités des deux institutions. Le jeu entre positif et négatif des façades lui sourit également: blanc et noir la journée, noir et blanc la nuit. L’inauguration est prévue pour l’automne 2021, mais Tatyana et ses équipes songent déjà au déménagement des collections: un million de documents.

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