Michèle Piccard, la pilote du pilote

Paris Match Suisse |

 

L’épouse du «savanturier» publie un livre expliquant aux enfants «l’avion qui vole avec le soleil». Le couple se complète et s’épaule dans la lumière de Solar Impulse. 

 

Paris Match Suisse. En publiant ce livre, ressentiez-vous le besoin de sortir des coulisses?

Michèle Piccard. Il m’a toujours paru essentiel de communiquer notre aventure aux enfants qui formeront le monde de demain. Durant le tour du monde, sous les ailes de l’avion solaire, nous en avons accueilli des centaines à chaque étape. Le volet éducatif n’est pas nouveau. Pour expliquer Solar Impulse, j’ai développé toutes sortes d’outils pédagogiques, une exposition itinérante et notamment une leçon mise à disposition des enseignants sur un site très connu aux Etats-Unis. Je ne me suis jamais sentie dans l’ombre. La communication est mon métier (réd.: elle a géré douze ans la communication d’Ebel). Quand on s’investit dans ce que l’on aime, il n’y a pas besoin d’être dans la lumière. Quand Bertrand l’était, j’avais le sentiment d’avoir bien fait mon travail!

Comment vous êtes-vous rencontrés?

C’était lors d’une soirée. Nous étions très jeunes. J’avais moins de 17 ans et lui, même pas 20 ans. Nous nous sommes mariés onze ans plus tard. Entre-temps, j’ai passé une double licence en Sciences Politiques et HEC à l’Uni de Lausanne et lui est devenu médecin. Comme nous nous sommes connus très jeunes, nous avons franchi ensemble l’étape délicate du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Nous avons d’abord habité à Neuchâtel, quand je travaillais chez Ebel. Bertrand a adapté la fin de sa formation de psychiatre en conséquence.

Comment affrontez-vous les difficultés de couple?

C’est normal d’avoir des difficultés dans un couple et c’est la meilleure manière de se remettre en question dans la relation. Discuter, poser les problèmes sur la table, savoir qu’aucun des deux ne détient toute la vérité. Quand la tension monte, nous avons un code sur lequel nous nous sommes mis d’accord: chacun doit dire: «J’y réfléchirai!». Quand deux visions du monde se confrontent, il vaut mieux faire une pause, laisser chacun prendre de la distance. Le lendemain, c’est une autre dynamique.

Est-ce que votre mari vous demande conseil et est-ce qu’il vous écoute?

Tout le temps, et réciproquement! On ne se sent pas l’un dans la lumière, et l’autre dans l’ombre. Bertrand me demande souvent conseil. Il n’est pas forcément d’accord mais il intègre toujours certains éléments que je lui ai apportés. Ce qui est intéressant, c’est la complémentarité que nous avons construite. Je dis toujours qu’il met du ciel dans ma terre, et moi de la terre dans son ciel…

Est-il davantage dans la prise de risque et vous, dans la retenue face aux dangers?
Le côté visionnaire de Bertrand, sa curiosité tous azimuts et son envie d’explorer m’ont toujours impressionnée. Il m’emmène dans une dimension où je n’aurais jamais été seule. Ce que je lui amène, moi, c’est un regard peut-être plus subtil sur les choses. Il manie le grand-angle et moi, plutôt le zoom sur les détails. Je n’ai pas son ambition ni sa manière de se projeter dans le futur, mais je suis capable de lui apporter un regard sensible et féminin. Il n’a pas envie de vivre les événements seul. Cette façon de m’embarquer dans l’aventure fait partie de la réussite de notre couple.

Face au défi, l’épouse a-t-elle dû cacher ses angoisses?

Quand on est au cœur d’un projet comme Solar Impulse et que le pilote décolle, on est soulagé de s’approcher du but commun. Avant que Bertrand ne survole plusieurs jours le Pacifique et l’Atlantique, nous nous sommes posé la question ensemble: comment nous y préparer? Je savais tout ce qui a été préparé et pensé en amont pour pouvoir se lancer dans un tel challenge. J’ai confiance en sa capacité de réagir en toute situation. A la différence du tour du monde en ballon, nous étions constamment connectés avec le cockpit. J’entendais la voix d’un homme heureux aux commandes, après s’être tellement investi dans cette expérience.

Vos filles prennent leur envol. Etes-vous confrontés au syndrome du «nid vide»?

Nous avons mené toute l’éducation de nos trois filles pour qu’elles puissent prendre leur envol, et question envol, je suis bien entraînée! Je suis heureuse si je sens mes enfants heureux. Bertrand aime partager ses passions. Il nous a toutes entraînées au kitesurf. Estelle, Oriane et Solange sont devenues plus fortes que leur père. Elles l’emmènent à découvrir de nouveaux spots! Chacune, dans son domaine, utilise ce qu’elle a trouvé important dans son éducation. Elles sont ouvertes au monde et sensibilisées à la protection de l’environnement.

Quand on est une égérie de l’écologie, on doit donner l’exemple…

Nous avançons dans cet esprit. Mais Bertrand n’est pas pour la décroissance. Il veut promouvoir les technologies propres pour que le monde soit plus efficient et arrête de gaspiller. Encourager la production d’énergies illimitées comme sur Solar Impulse. Nous avons isolé la maison et y avons installé une pompe à chaleur, roulons en voiture électrique ou hybride, dans la perspective de consommer de façon responsable. En voyage, nous compensons les émissions de carbone comme tout au long du projet de Solar Impulse et comme le fait la fondation avec ses 35 collaborateurs. Il doit y avoir une vraie transmission et c’est aussi la mission du livre.

 

«L’avion qui vole avec le soleil», éd. Larousse Jeunesse, Paris.

GUY PARMELIN: Quel homme se cache derrière l’homme d’état

Derrière l’homme d’Etat se cache un être, à la fois, fort et empathique. Sensible aussi. Il évoque avec pudeur la mort de sa maman au début de l’année.

Les évêques suisses et l’inacceptable

Les évêques suisses et l’inacceptable Paris Match Suisse | Publié le 20/09/2018 Romaine Jean Les flammes de l’enfer se sont abattues sur la Conférence des évêques suisses, qui n’arrive plus à gérer l’explosion des cas d’abus sexuels, de harcèlements et même de viols...

Les pop sciences rayonnent en Suisse romande

Basées au Rolex Learning Center à Lausanne-Ecublens, les Presses polytechniques et universitaires romandes ont lancé leur nouveau label grand public « Quanto » il y a trois ans : de grandes avancées de la science qui se lisent comme des romans. Succès remarquable, en France comme en Suisse.

Maison Schenk, discrets faiseurs de vins

Si son savoir-faire de «flying winemaker» l’a hissée parmi les plus grands acteurs du monde vinicole européen, l’entreprise familiale suisse de cinq générations revendique plus fort que jamais son attachement à sa région vaudoise d’origine.

Ces terrasses qui font tant rêver

Pour l’été, notre sélection de restaurants chics et de buvettes toutes simples offrant les plus beaux panoramas. Le Coucou - Un sublime belvédère sur le Léman À la fois hôtel et restaurant, le Coucou est un magnifique chalet situé au-dessus des bâtiments Belle Époque...

Barthélémy Constantin «Mon rêve? Devenir champion suisse avec mon papa»

Quand, alors qu’il avait 20 à peine, Barthélémy Constantin a été nommé directeur sportif du FC Sion par son père président, il passait pour un enfant gâté. Aujourd’hui, huit ans plus tard, Barthélémy a fait ses preuves, a gagné sa crédibilité. Franc et direct, il est...

Pleins feux sur Maurice Béjart

Dix-sept ans après la disparition du chorégraphe, ses ballets sont toujours aussi demandés. À Lausanne comme au bout du monde. Le calme après la tempête. Les polémiques dont le Béjart Ballet Lausanne a fait l’objet ne sont plus qu’un vague souvenir. Sous la nouvelle...

Au fil de l’eau

Au fil de l'eau Paris Match Suisse | Publié le 23/08/2018 Sophie Bernaert Qui a dit que les vacances étaient finies? Quatre idées d’escapades au bord de l’eau pour se sentir encore en vacances.   Genève insolite Floatinn Boat B&B Découvrir ou redécouvrir la...

Laetitia Dosch Flamboyante et vibrante d’émotion

Une interview intime où la jeune femme ose tout confier. Sa magnifique rencontre avec Guillaume Depardieu, son désir de grand amour, celui de devenir belle-mère. Sans exclure que ce soit avec une femme. Laetitia Dosch, vient de fêter son anniversaire, ce 1er septembre...

Josep Sola et Mattia Bertschi: Aktiia

La start-up neuchâteloise Aktiia a été fondée en 2018 par deux hommes audacieux et persévérants, Josep Sola et Mattia Bertschi.

Pin It on Pinterest

Share This