SHIN IGLESIAS, L’ÉLÉGANCE DU CŒUR

Paris Match Suisse |

 

Entre deux répétitions pour son prochain spectacle à l’Opéra de Lausanne, la comédienne Shin Iglesias prend le temps de partager un instant de sincérité suspendu dans le temps. Etat de grâce.

 

En ce début de soirée de novembre, la façade du Lausanne Palace scintille des mille feux de sa traditionnelle décoration de Noël. Un kitsch irrésistible en cette période de fin d’année. Le bar du LP’s, ses confortables fauteuils en cuir et son éclairage tamisé, son lustre en verre de Murano et ses larges stores en bois foncé: le lieu est propice à la discussion. Actuellement en répétitions pour son prochain spectacle à l’Opéra de Lausanne, Shin Iglesias a le bonheur de partager la scène avec de magnifiques interprètes lyriques dans «La Chauve-Souris» de Johann Strauss. Elle y incarne successivement Vengeance, sorte de meneuse de cabaret doucement manipulée puis Frosch, le gardien de prison. Elle arrive au rendez-vous, s’installe gracieusement. Belle. Jeans gris clair, pull en maille boutonné sur l’épaule gauche et une mèche balayant ses yeux remplis d’étoiles, son allure est celle d’une singulière romanesque. Entre petits snacks et cocktails chics, le ton est aux clins d’œil savoureux sur le sens de la vie, ce qui n’est absolument pas incompatible avec les tréfonds de l’âme. Bien au contraire.

 

Pour elle, la voie de la scène semblait toute tracée: «Jouer, c’est pratiquer l’enfance… mais très sérieusement. J’ai eu très tôt une terre d’exil, l’imaginaire. Je me souviens d’un des premiers films que j’avais vu avec mon papa le samedi après-midi sur une chaîne italienne, c’était «La Strada» de Fellini. C’était un choc, une révélation. C’était si triste et en même temps si beau! Ces deux clochards célestes, des poètes. J’ai toujours cherché la poésie des choses et des gens». Comme le réalisateur, elle est née le 20 janvier. Son univers est fortement imprégné du cinéma populaire italien, à l’instar de l’acteur comique Totò ou Anna Magnani. Lorsqu’elle évoque l’actrice, les larmes lui montent aux yeux dans un sourire extatique. Une silhouette de tragédienne dont Shin Iglesias partage la chevelure foncée et les yeux noirs, un attribut qu’elle doit à ses origines espagnoles. «Au Conservatoire, on me faisait souvent travailler des partitions de tragédienne, la sentimentale ou la ténébreuse façon Antigone. Le côté comique n’est arrivé que bien plus tard», sourit-elle avant de préciser: «J’ai ce côté chaud qui m’anime, le feu. Mais j’ai aussi un aspect lunaire, un peu comme les cycles de la nature. Enfant, dès que je décelais une tension, je faisais le clown. J’ai aujourd’hui la chance de pouvoir le faire sur scène.» Si «La leçon de piano» de Jane Campion fait partie de ses films fétiches, elle ne boude pas pour autant les films de Jerry Lewis et Louis de Funès. «Il se cache toujours une tragédie derrière, observe-t-elle. Un ami m’a dit un jour que j’avais le comique tragique et le tragique comique. J’ai apprivoisé ces deux pôles».

 

Généreuse, la comédienne fait partie de ces êtres qui n’ont pas d’autre choix que la sincérité. «J’adore autant l’ironie que je fuis le cynisme. J’aime l’élégance du cœur. C’est une forme de vérité, de ne pas faire semblant», avoue-t-elle, le regard suspendu dans les airs. Sur scène, elle se sent «sans anesthésie», c’est sa place. Cela n’empêche pas cette grande passionnée de caresser des envies de cinéma: «J’aime toujours autant jouer de belles partitions au théâtre, mais je me sens prête à me jouer face à une caméra, un rêve que je souhaite réaliser un jour.»

PIERCE BROSNAN

Son nom a été Bond, James Bond. Et lorsqu’il apparaît en janvier au Salon International de la Haute Horlogerie à Genève (SIHH), Pierce Brosnan semble presque avoir repris du service tant il en impose par son élégance, sa stature et son flegme imperturbable face à la foule qui l’immortalise sur le stand de Speake-Marin

Nuria Gorrite: des journées marathon

La présidente du Conseil d’Etat vaudois, cheffe du Département des infrastructures et des ressources humaines est devenue le leader incontesté de cette période meurtrie et compliquée, liée au Covid-19.

Clarins : Saga familiale, un parcours d’exception

Le respect, l’écoute, l’échange, l’audace. Dès sa fondation, Clarins a créé sa différence.
Cinquante ans avant l’ère de l’interactivité et des réseaux sociaux, Clarins, marque avant-gardiste, a impulsé, par pure intuition, les mêmes approches avec ses propres méthodes.

La Fêtes des Vignerons : chronique d’un succès annoncé

Et si, en plus d’être la plus grande, cette édition était aussi la plus belle? La pression monte.

Refettorio: Gastronomie et solidarité

Avec son Refettorio, le vibrant chef Walter El Nagar vient de créer à Genève un concept encore inédit dans le monde. «De bons aliments pour tous» peut-on lire au fond des jolies assiettes de ce nouveau restaurant pas tout à fait comme les autres. Au cœur du quartier...

Delaunay le Parisien

Delaunay le Parisien Paris Match Suisse | Publié le 04/10/2018 Jean Pierre Pastori Il était temps de rendre hommage à l’un des maîtres de l’abstraction du début du siècle passé. Avec les moyens considérables qui sont les siens, le Kunsthaus de Zurich présente quelque...

Yann Lambiel, connecté et au top !

Nous nous retrouvons au Petit Manoir de Morges où Yann Lambiel a ses habitudes. Sa maison se trouve à deux pas. Le talent qui l’a propulsé au Zénith n’y change rien, l’humoriste a gardé une vrai simplicité. L’humoriste, Yann Lambiel mise sur des valeurs humaines qui...

Rencontre avec Irène Jacob

Comédienne, écrivaine, passionnée par le théâtre, Irène Jacob a fait des débuts remarqués! Elle a incarné en 1991 l’héroïne de «La double vie de Véronique» de Krzysztof Kieslowski et obtient le prix d’interprétation féminine à Cannes. Elle construit, ensuite, pas à pas, une carrière internationale. Riche et diversifiée.

Avec Laurence Deonna, le chant du monde

La sortie d’un film biographique rappelle fort à propos le long cours de la Genevoise Laurence Deonna, cette Mère Courage chantre des droits des femmes, hier et aujourd’hui, ici et là.

Transhumanisme

Transhumanisme Paris Match Suisse | Publié le 18/10/2018 Jean Pierre Pastori Exosquelettes, cryogénie, transgenèse, cyborg, anthropotechnie… Au secours! Le transhumanisme est à l’œuvre dans les laboratoires high-tech d’où procédera l’homme de demain. Le photographe...

Pin It on Pinterest

Share This