Tout ce que vous devez savoir sur… Renaud Capuçon

Paris Match Suisse |

Le célèbre concertiste s’ancre encore plus dans la Haute Ecole de Musique vaudoise en créant les Lausanne Soloists.

Au rythme de deux sessions par an

Virtuose international, directeur artistique des Sommets musicaux de Gstaad et du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence, Renaud Capuçon, 42 ans, enseigne à la Haute Ecole de Musique de Lausanne depuis l’automne 2014. Cet enseignement, il entend le compléter désormais par le travail au sein d’un ensemble de cordes réunissant ses élèves et ceux d’autres classes de violon, alto, violoncelle et contrebasse. Outil de perfectionnement et d’insertion professionnelle, les Lausanne Soloists se retrouveront deux fois par an pour jouer sous sa direction et se produire en concert de par le monde. Une multitude d’œuvres se prêtent à un tel projet: de Vivaldi et Tartini aux grands compositeurs du XXe siècle. «On apprend énormément en jouant ensemble».

Une carrière éblouissante

Renaud Capuçon touche son premier violon à 4 ans. Dix ans plus tard, il est admis au Conservatoire national supérieur de Paris. A 22 ans, il est promu premier violon solo du Gustav Mahler Jugendorchester. Soliste, il est invité par les orchestres les plus prestigieux, du Philharmonique de Berlin au Gewandhaus de Leipzig. Chambriste à ses heures, il joue aussi bien avec Martha Argerich qu’avec son frère, le violoncelliste Gautier Capuçon. En novembre, le dernier en date des 20 disques qu’il a enregistrés a été couronné par un «Diapason d’or».

Des heures intenses en famille        

A raison de 120 concerts par année, il est toujours en déplacement. «Mais depuis que je me suis marié, plus question de partir tout un mois. Maintenant je ne m’absente pas plus de 10 jours.» Avec sa femme, la journaliste TV Laurence Ferrari, il a trouvé un équilibre. «Nous avons besoin tous deux d’un ancrage familial. Nous sommes Savoyards, nous sommes des terriens.» Renaud est peu à Paris. Mais quand il y est, il se veut totalement disponible pour son épouse et pour Eliott, leur fils de 7 ans. «Je prends demain à Genève le premier avion pour Paris. Et je repars après-demain pour Tokyo. Mais entre ces deux vols, je serai entièrement voué à ma famille. Autant dire que ce seront des heures très intenses.»

Rêve de congé sabbatique

Une telle carrière, plus solitaire qu’on ne l’imagine, ne se conçoit pas sans organisation et discipline. «Il faut être solide», admet-il. Plus jeune, on lui reprochait d’avoir le style «gendre idéal», loin de l’artiste maudit. Il assume les sacrifices qu’exige la musique à ce niveau. «J’aime le bon vin. Mais je ne peux me permettre d’en abuser la veille d’un concert. Le violon est diabolique, il ne pardonne rien.» Il rêve toutefois d’un congé sabbatique, ne serait-ce que pour passer le brevet de pilote d’avion. Mais son programme de concerts ne lui permet pas de l’envisager avant trois ans…

Le violon de sa vie

Il a eu la grande chance de jouer sur de magnifiques instruments, un Stradivarius notamment. Mais voilà 12 ans qu’il se produit avec un Guarnerius historique de 1737, naguère propriété du célèbre Isaac Stern, que la Banque de la Suisse italienne mettait à sa disposition. Pour son grand bonheur, il a pu en faire l’acquisition l’an dernier. «Je vais passer le restant de ma vie à le rembourser, mais il me permet de me transcender.» Renaud Capuçon est toutefois d’avis qu’«un instrument de musique appartient surtout à ceux qui l’écoutent…»

La Suisse au cœur

Né à Chambéry, quasiment les skis aux pieds, Renaud Capuçon se sent chez lui en Suisse. «Depuis ma première visite, à 12 ans, au festival de Montreux – un concert avec Isaac Stern – je suis fasciné par le Léman et les montagnes qui l’entourent.» Il a retrouvé le grand violoniste américain à Verbier en 1995 lorsqu’il a été admis à suivre ses master classes. Passé du statut d’élève à celui de professionnel, il montre une grande fidélité au festival de Martin Engstroem. Cet été, la 25e édition marquera aussi sa 22e participation! Mais un autre festival lui tient à cœur dans un environnement tout aussi paradisiaque: les Sommets musicaux de Gstaad dont il assure la direction artistique depuis trois ans et où il a la joie de pouvoir inviter ses amis artistes.

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