Brigitte Violier, la femme libérée. Elle pense à déménager.

Paris Match Suisse |

Brigitte Violier, belle et élégante, nous reçoit chez elle, dans son intimité. Pour la première fois, après la disparition de son mari, le chef étoilé Benoît Violier, elle nous ouvre son cœur.

Une lumière s’est allumée en elle. Quelque chose qu’on ne ressentait pas avant. Brigitte est apaisée. Libérée. Elle jouit d’un équilibre étonnant et d’une force de vie hors du commun. Nous parlons de tout. Du drame, du choc, de l’incompréhension, d’amour, de projets de vie, de mariage… Brigitte n’écarte aucune question. Elle y répond avec sincérité. Aujourd’hui, Franck Giovannini est à la tête de sa brigade et Brigitte est devenue l’âme de cette maison. Une expérience sensorielle dans un écrin de couleurs douces. Avec fierté, Brigitte nous fait découvrir son jardin où ses clients s’attardent pour un apéritif ou fumer le cigare. Pour y accéder, il faut traverser la cuisine. Cela ajoute au charme de l’instant. Tout dans cette maison lui ressemble, l’amour de la nature, l’élégance, le respect, l’authenticité, le bien-être et l’excellence.   Brigitte, on vous sent plus rayonnante que jamais? A quoi devez-vous cela? Je prends goût à ma liberté et surtout j’en prends conscience! Une liberté soudaine et pourtant cruciale. Et même si cette liberté découle d’un acte incompréhensible, je me devais de regarder vers l’avenir pour mon fils et moi.  Quelles sont les valeurs essentielles à vos yeux? L’amour! Une grande solidarité s’est déployée autour de moi et persiste après deux ans. Des gens que je n’imaginais pas aussi présents et qui n’étaient pas aussi proches, se sont faits étonnamment protecteurs, alors que d’autres se sont effacés. On peut parler de cycle d’une vie, on construit… certaines choses se terminent et d’autres se créent. Votre métier et votre engagement prennent une grande place dans votre vie… Le travail a pris toute la place dans ma vie! Cet investissement corps et âme m’a aussi aidé à me reconstruire. Je suis liée à mes collaborateurs, comment ne pas être là pour eux? Nous nous sommes soutenus mutuellement.  Laissez-vous un certain espace à votre vie privée? L’importance est de rester femme quel que soit le contexte imposé. On doit offrir cette complémentarité à l’homme. Il est vrai qu’on parle beaucoup de harcèlement et là, nous sommes loin de l’aspect de complicité. Que pensez-vous de la parole des femmes qui se libère face aux cas de harcèlement sexuel? Le harcèlement sexuel ne date malheureusement pas d’aujourd’hui. La femme a une telle capacité d’acceptation, de résilience, de pudeur. Et une résistance phénoménale! Il était temps que les choses éclatent pour que cela cesse peut-être un jour.  Et si l’amour frappe à votre porte, lui ouvrez-vous? J’espère! Il m’est cependant difficile de me projeter. Vous êtes amoureuse? Je suis amoureuse de la vie! Mais quand une histoire d’amour se profilera, que ce sera le bon moment, je n’hésiterai pas. J’aborderai une autre étape. J’ai vécu une belle histoire d’amour et accomplie durant vingt ans auprès de Benoît. Benoît était votre première vraie histoire d’amour. Benoît était l’homme de ma vie. Il m’a emportée. Pour lui, j’ai quitté mon métier et mon pays. Peut-on revenir sur votre rencontre… Benoît faisait une saison à Courchevel où je dirigeais une parfumerie. Il attendait de régulariser ses papiers pour prendre son poste chez Frédy Girardet. Je l’ai croisé plusieurs fois lors de sorties entre amis. On formait un petit clan, joyeux et sympathique. Le coup de foudre? Non, pas vraiment. J’étais jeune. Je suis une solitaire. Difficile de me dompter. Il m’a courtisée durant des mois. Après avoir été engagé par Philippe Rochat, il est revenu me voir à la parfumerie. «Tu me reconnais?» m’a-t-il demandé. Cela m’a amusée. Il pensait peut-être que j’étais amnésique (rires). Et notre histoire a commencé à partir de là. Il était tenace! Quelle est la plus belle preuve d’amour que Benoît vous a donnée? Son désir d’enfant! Nous nous sommes rencontrés en 1997 et Romain est né en 2003. Aujourd’hui, lorsque vous pensez à lui, est-ce encore douloureux ou votre cœur est apaisé? Je suis apaisée. Et cela me fait du bien de penser à lui. Tout était tellement intense. Nous avons tant partagé. Un tourbillon incessant. Benoît m’a entraînée dans son sillage. C’était terriblement palpitant. On a le sentiment d’exister. Comment peut-on se remettre d’un drame pareil? En suis-je vraiment remise? Dans la semaine qui a suivi le décès de mon mari, j’ai décidé de rythmer mon quotidien. J’ai demandé à mon fils Romain de retourner à l’école le jeudi, alors que son papa nous a quittés le dimanche. Il fallait se rattacher à la vie. Etre dans l’action. Je travaillais sans relâche. Je devais me reconnecter. Aller de l’avant. Vous avez eu une réaction étonnamment saine… Je ne voulais laisser aucun moment de libre à ma vie. Pourtant je ne dormais plus, physiquement mon corps me faisait mal. Pendant une année, j’ai ressenti de violentes douleurs. J’ai compris ce que voulait dire avoir le cœur brisé.  On ne voit plus la vie de la même manière quand la mort est là, devant vos yeux. Vous avez découvert votre mari alors qu’il venait de se donner la mort avec une arme à feu… Oui. De retour à Crissier avec Romain, j’ai eu une inquiétude profonde, un pressentiment. J’ai demandé à Romain de m’attendre dehors quelques minutes. Deux ans après, avez-vous mieux compris son geste? Cela reste une incompréhension totale. Il vivait dans la recherche permanente de la perfection. Pensez-vous qu’un homme comme Benoît puisse mourir par amour? Benoît vivait l’amour quotidiennement et à tout instant. Tout l’intéressait, il était curieux. Il ne faut pas oublier que le travail de cuisinier demande une force physique et mentale incroyable. Votre équilibre, votre force de vie, les devez-vous à l’amour de vos parents? Je n’ai pas eu une enfance facile, mes parents m’ont mise en pension dans une école catholique à l’âge de 11 ans. J’étais une enfant unique et j’ai mal vécu la séparation. Je ressentais une forme d’enfermement.  Sans aucun ancrage familial. Parlons amour. Si on vous trompe vous quittez sur-le-champ ou vous faites le dos rond? Je suis entière, je le quitte sur-le-champ! Et si c’est vous qui trompez? J’ai eu la chance de ne jamais ressentir ce besoin. Le pardon est pourtant souvent libérateur… Je peux pardonner si j’aime énormément et que cela puisse être pardonnable. J’admire les hommes qui ne sont pas des hommes faciles, qui résistent, qui sont intègres. Êtes-vous jalouse? Comme une lionne! Et cela s’étend sur mon clan. Je le préserve, il ne faut pas qu’on y touche. Comment réagissez-vous si une jolie femme tourne autour de l’homme que vous aimez? Cela dépend de l’attitude de mon homme. S’il est intègre, souriant tout en gardant une certaine distance, cela me plaît. Tout doit se faire avec élégance. Pourriez-vous imaginer vous remarier? Non, je ne crois pas. Je viens de goûter à une liberté qui me fascine. Le mariage est la preuve suprême. On peut se marier de différentes façons. Je veux tout, tout vivre, sinon rien. C’est difficile pour un enfant de vivre sans père, sans figure masculine…. Romain a toujours été très proche de moi. Je m’en suis beaucoup occupé. Les liens entre nous deux sont extrêmement forts. Comment voyez-vous votre futur? Je réfléchis à un déménagement, trouver un nouveau nid pour mon fils et moi. Je pense que prendre de la distance sera une bonne chose. J’aimerais me séparer de mon lieu de vie et celui de mon travail. Et l’amour? Quand ce sera la bonne personne, tout se fera naturellement.

Scandale à Crans-Montana

Scandale à Crans-Montana Paris Match Suisse | Publié le 12/07/2018   Me Yves Jeanrenaud Pas de ski pendant 48 heures à cause d’une dispute entre un milliardaire tchèque et des communes valaisannes   Pâques 2018. Tout est réuni pour que la saison d’hiver se...

Le confinement a laissé des traces psychiques

Présidée par David de Rothschild, une fondation suisse lance le site web Covid-Out pour panser les difficultés de santé mentale dues à la crise engendrée par la pandémie, dont le confinement.

Tout ce que vous devez savoir sur… Tatyana Franck

Tout ce que vous devez savoir sur... Tatyana Franck Paris Match Suisse | Publié le 22/03/2018   Jean Pierre Pastori La directrice du Musée de l’Elysée, à Lausanne, est passée de Picasso à la photo. Elle excelle à relever les défis. Une grande travailleuse      Cette...

Novak Djokovic « dans la vie, il faut se pardonner et s’aimer »

Au sommet du tennis mondial depuis deux décennies, avec un record de 24 sacres en Grand Chelem et une récente médaille d’or olympique, Novak Djokovic, 37 ans, n’est pas près de poser sa raquette. Rencontre à Paris. Depuis 2021, il porte un peu de Suisse à son poignet:...

Les Homlions de Zaric

Les Homlions de Zaric Paris Match Suisse | Publié le 20/09/2018 Jean Pierre Pastori Un an après son décès, juste hommage est rendu à l’un des sculpteurs les plus singuliers. Homlions, Femlièvres, Taurhommes… le monde de Zaric est d’une incroyable fantaisie. La poésie...

Un conteur hors pair

Un conteur hors pair Paris Match Suisse | Publié le 04/10/2018 Jean Pierre Pastori Avec quelle maestria Metin Arditi parvient-il à rendre cohérents faits historiques – le sanglant carnaval vénitien de 1575 – et ébouriffantes intrigues! Un complot est ourdi par...

UBS et Credit Suisse, les gendres idéaux

Retour sur Actualité – Ralph Hamers et Thomas Gottstein sont les deux nouveaux visages de la Suisse bancaire et financière.

Louis Camilleri, L’air de (vraiment) rien

Louis Camilleri, L’air de (vraiment) rien Paris Match Suisse | Publié le 06/09/2018 François Schaller Le nouveau président exécutif de Ferrari a grandi et étudié à Lausanne. Bien des gens s’en souviennent et retiennent leur souffle: le boyfriend de Naomi Campbell...

Covid-19: le soutien de QoQa au commerce local

Pascal Meyer, le fondateur du site QoQa avec le soutien de la Vaudoise Assurances et du Groupe Mutuel, lance en urgence une plate-forme de soutien pour les commerçants en difficulté: «La situation est grave, il faut agir dès maintenant.»

Gérer sa santé en sportif de haut niveau

Gérer sa santé en sportif de haut niveau Paris Match Suisse | Publié le 04/10/2018 Joan Plancade En offrant de mesurer son niveau énergétique pour optimiser son état de forme, be.care  ambitionne de démocratiser vingt ans d’expérience auprès plus grands athlètes. Un...

Pin It on Pinterest

Share This